Sam Fleisch – ‘Nunna Daul Isunyi’

Album / Teenage Menopause / 30.09.2016
Indie garage de slacker bordelais

Homme de l’ombre dissimulé dans les rangs de la jolie chorale des Crânes Angels, Sylvain Klabfleisch construisait en parallèle des petits morceaux creusant petit à petit le sillon de sa carrière en solitaire. Devenu Sam Fleisch, et encouragé par les éloges d’un entourage admiratif, le bordelais a embarqué avec lui trois amis d’alors pour l’aider à mettre sur pied ce premier album solo qui se dévoile aujourd’hui sous l’égide de Teenage Menopause.

Une fois passé ce titre en langue Cherokee qui signifie chemin des larmes, on plonge dans un premier long format qui jongle pendant une demi heure avec les humeurs, les attitudes et les courants, sans se poser une seule seconde sur l’un d’entre eux. Car ici, les vents sont contraires et soufflent parfois au sein d’une même chanson, comme sur l’introductif ‘Neon Hearted City’ ou la voix de Sam Fleisch débute en catimini, puis s’élève progressivement au contact d’un riff achevant sa route à deux doigts du stoner. Tout au long de ces montagnes russes où se diffuse un parfum de romantisme, on est baladé par la voix chevrotante d’un artiste qui change d’angle d’attaque, de forme et de structure pour conduire au mieux sa petite entreprise.

Par ses ruptures, on pense aux Thee Oh Sees et à leur refus de la répétition, on se repasse des souvenirs de Pavement pour l’allure slacker du bonhomme, et on finit par se prendre de passion pour ce garage qui refuse la fronde et la tête dans le mur, trop soucieux de conter et d’oser (le surprenant ‘BigCity’s Curious Weather) pour se cantonner aux écueils et aux raccourcis.

Dressé comme un joyeux tourbillon, plein de fulgurances et de secrets, le premier album de Sam Fleisch n’est pas un premier long ordinaire. Derrière les bribes et les changements grondent des morceaux en devenir, tous pressés de continuer la traîne de ce chemin des larmes, et de conforter toutes les promesses disséminées par leur auteur.

enecouteintegrale

‘In Hell You Could Be A Song’, ‘The Priest And The Devil’, ‘Lake Eerie’, ‘BigCity’sCuriousWeather’

À lire ou écouter également:

, ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire