Sage Francis – « A Healthy Distrust »

A Healthy Distrust[Album]
07/02/2005
(Epitaph/Pias)

Depuis ses débuts sur Anticon, ses travaux au sein des Non Prophets, ses prestations live épurées mais inoubliables, Sage Francis, qui est au hip hop ce que Rage Against The Machine fut au rock alternatif, est toujours très attendu lorsque est annoncé son retour sur le devant de la scène. Encore plus depuis qu’il est le premier rappeur à avoir signer sur l’internationalement connu label Epitaph, maison des Rancid, Nofx et autres formations punk n’ayant pas leur langue dans leur poche. Tout porte donc à croire que cet antagoniste de la scène hip hop va frapper un grand coup avec ce « A Healthy Distrust », plus agressif et plus « heavy » que ses prédécesseurs

Disons le tout de suite, on a là son meilleur album à ce jour. Revendicateur jusqu’à la dernière seconde, Sage Francis s’attaque ici bien sûr aux ennemis de son pays que sont la religion, les armes, la guerre, la drogue, ou Mr Bush lui même, ne fait aucun compromis et expose son opinion de journaliste américain diplômé, honnête et objectif envers son auditoire local, peu habitué à tant de franchise. Mais le bonhomme soigne sa musique comme ses mots. Pour cela, il invite ici une pléiade de producteurs allant d’Alias à Daddy Kev en passant par Dangermouse, Joe Beats, Controller 7, ou Sixtoo parmi quelques autres, qui contribuent à la richesse, l’efficacité et la profondeur de ce disque. Du côté des invités, seul Will Oldham pousse la chansonnette sur le très réussi « Sea Lion » (en version rallongée sur le maxi du même titre avec une intervention de Saul Williams) confirmant l’attrait de Sage Francis pour la musique folk qui pointe ici ou là son nez sur ce nouvel album, mais surtout sur le surprenant, acoustique et final « Jah Didn’t Kill Johnny »

Tout cela permet à ce « A Healthy Distrust » d’enchainer les pépites avec une homogénéité indiscutable. En tête, les décoiffants « The Buzz Kill »et « Dance Monkey », « Escape Artist », « Agony In Her Body », les mélancoliques « Crumble », « Lie Detector Test » et « Bridle » qui affichent définitivement Sage Francis comme un artiste hip hop à part, un îlot de lucidité au milieu d’une mer de conneries et de superficialité. Sûrement un des opus indispensables de l’année

Ecoutez quelques extraits sur le site Epitaph

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