Saboteur – « A Place Where Painters Meet »

A Place Where Painters Meet[Album]
22/08/2008
(Defiance/Import)

Quoi de plus banal aujourd’hui que d’être un groupe de pop, si on ne se donne pas les moyens de sortir du lot, que ce soit par une spontanéité rafraîchissante, ou par un perfectionnisme à toute épreuve? Les Allemands de Saboteur appartiennent définitivement à cette deuxième catégorie, eux qui auront mis quatre ans pour sortir un premier album moult fois remanié, malgré l’enthousiasme exprimé à la fois par les salles de concert et les labels. C’était sans compter sur l’exigence du quatuor qui ne scelle jamais un morceau sans que tout le monde en soit satisfait, et y trouve son compte. C’est pourquoi sur les soixante dix titres composés pendant cette période, seuls neuf apparaissent au tracklisting de « A Place Where Painters Meet », premier opus finalement moins clinquant et parfait qu’il était censé l’être. Non pas que Saboteur ne soit pas à la hauteur de ses exigences, juste qu’à s’attarder sur les finitions, on finit souvent par tanguer, et en oublier l’essentiel pour ce genre musical: l’efficacité. Pourtant, en se rapprochant de références telles que Sonic Youth, Promise Ring, Dinosaur Jr ou même parfois Nada Surf, les quatre n’ont absolument rien de clinquant, s’éloignant même des formats radio en s’aventurant dans des titres dépassant ici ou là allègrement les cinq minutes (« Thirsty Soul », « The Closing In »). Il faut donc malheureusement gratter longtemps pour savourer comme il se doit cette noisy pop aux mélodies faciles couchées dans un écrin qui gratte (« A Cabbage White », « True Song »), marchant sur le fil du juste-milieu grâce à un self control tel qu’il finit par s’entendre (« Love Spreader », « The Plural »). C’est là que le bas blesse, là que Saboteur aurait définitivement du se laisser aller, même à quelques erreurs qui ne lui auraient offert que plus de charme.

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