Sa-Ra – « The Hollywood Recordings »

The Hollywood Recordings[Album]
14/05/2007
(Babygrande/Nocturne)

Formé il y a une poignée d’années, Sa-Ra Creative Partners s’est toujours donné comme mission de pousser la musique black et urbaine sur des terrains plus expérimentaux qu’on a eu l’habitude d’entendre jusque-là, tout en la gardant plus accessible que jamais. Ainsi, il mêle hip hop, funk, soul, et même un brin de jazz, le tout alternant chant et flow: une recette plutôt simple sur le papier, mais pas donnée à tout le monde, que seuls des Clinton ou Hancock ont parfois réussi à parfaitement exploiter

C’est donc grâce à leurs talents indéniables de musiciens, chanteurs, djs, et techniciens que Taz Arnold, Shafiq Husayn, et Om’Mas Keith n’ont cessé de gagner en crédibilité, jusqu’à séduire les pontes du genre, qu’ils soient issus de la grande industrie musicale ou du petit monde de l’indépendant. Aujourd’hui, le trio peut en effet se vanter d’avoir travaillé avec The Neptunes, Jay-Z, Dr. Dre, Heavy D, Ice-T, Erykah Badu, Lauryn Hill, Mobb Deep, Lord Finesse, Common, Coolio, 50 Cent, ou Diddy. Excusez du peu, bien que cette longue liste n’excite pas forcément tout le monde dans son intégralité

C’est donc après quelques mois de silence, qui faisaient déjà courir une rumeur de séparation, que les Sa-Ra Creative Partners reviennent avec « The Hollywood Recordings », un album évidemment attendu. Et rien ne semble avoir changé. Le trio balance un hip hop tout droit venu du cosmos (« White! », l’énorme « Fish Fillet »), emprunte toujours à la soul sans tomber dans la nu soul maintes fois proposée (« So Special », « Bitch »), se fait accrocheur sans jamais sonner commercial, bien qu’il clame haut et fort vouloir rassembler autant les fans de Coldplay, que de Daedelus, 50 Cent ou Madvillain

Outre cette originalité, indéniable cheval de bataille de ces trois américains, née de la volonté d’emmener le meilleur de la musique passée vers quelque chose d’encore inexploité, c’est aussi la chaleur qui se dégage de certains morceaux (« Hey Love »), un groove ultra efficace (« Glorious », l’excellent « Rosebuds », « Ladies Sing »), ou les quelques invités de prestige qui ornent ce « The Hollywood Recordings » (Talib Kweli, Capone N Noreaga, Bilal, Erykah Badu, Georgia Anne Muldrow, Kurupt, J Dilla, Pharoahe Monch…), qui font qu’on ne se fait pas vraiment prier pour prolonger l’écoute. Et cela, même si quelques-uns de ces 19 titres ne sont pas totalement inédits. Peu importe, ils reflètent un avant-gardisme à toute épreuve, une inspiration oxygénante, et déroulent le tapis rouge à une suite intitulée « Black Fuzz » qui devrait voir le jour en fin d’année. Can’t wait..

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