Rzatz – « Will We Cross The Line? »

Will We Cross The Line?[Album]
25/02/2008
(Jarring Effects/Discograph)

On apprend beaucoup à voir les autres travailler, ou en travaillant avec eux. R;Zatz ne vous dira pas le contraire, elle qui endosse depuis quelques années le rôle d’ingénieur du son du studio Jarring Effects, et qui aura donc eu l’occasion de multiplier les expériences aux côtés de groupes aussi solides et rôdés que High Tone ou Ez3kiel. Et elle aura pris son temps pour digérer tant de flux sonores, ceux-là qu’elle régurgite aujourd’hui agrémentés d’influences hip hop évidentes pour « Will We Cross The Line? », un premier album bien mérité. N’allez donc pas y chercher une faveur accordée par le label, pour toutes ces années passées à son service

En effet, R;Zatz, forte de ses collaborations avec Akufen ou Fisto (du groupe abstract hip hop La 5ème Kolonne), n’en est pas à son coup d’essai en termes de production. Pas de raison donc que la demoiselle ne serve pas cette fois sa propre cause en invitant sur son disque, en retour, quelques artistes capables de se fondre dans ce décor sombre, pesant et phobique (Carbon Copies de Picore, Takeshi Yoshimura de Azian Z, G Bart de Reverse Engineering), mené à la baguette par des rythmiques aussi libres qu’appuyées, ponctuant la mélancolie ambiante et régissant les bruits

Car R;Zatz a résolument plus d’un tour dans son sac. Chose qu’elle ne manque pas d’illustrer tout au long de ces treize titres: qu’ils soient expérimentaux et imprévisibles (« Effeuillage »), enivrants (« Menteurs »), planants (« Not An Angel », « Kane Yamaken »), totalement bruitistes en alternant fréquences chantantes et breaks aux sonorités orientales (« All Communications Are Dead », « I Want To Be Your Housewife ») ou en laissant hurler des samples vocaux battus à mort par un pied fracassant (« Finalement »)

Et, à entendre la poignée de morceaux qui restent à ce tracklisting, ces quelques titres ne resteront qu’un petit aperçu de ce que la lyonnaise a sous la semelle. Car quand certains calquent une féminité touchante sur le délicat et efficace « Nothing’s Still Something », les doux et habités « Hikari No Kioku » et « Flash Forward », nous, aidé par un « Love To Death » sans concession, n’y voyons qu’une inspiration semblant inépuisable et concrétisée par une maîtrise des machines finalement logique. Du très bon Jarring Effects en somme..

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