RZA – « The Birth Of A Prince »

The Birth Of A Prince[Album]
14/10/2003
(Sanctuary/Sony)

Chaque album de RZA est attendu au tournant car l’homme est une légende. Il le sait, on le lui a sans doute suffisamment répété. Aujourd’hui, il n’a plus rien à prouver et ne fera assurément plus d’album aussi novateur que « Enter To The 36th Chambers », et c’est très bien comme ça. Après l’hasardeux « The World According to RZA », ce dernier opus ne déroge pas à la règle. La formule est connue et on reste dans la droite lignée de ses projets sous le nom de Bobby Digital

Difficile de dégager de cet album linéaire une démarche artistique un tant soit peu réfléchie (la pochette en témoigne). Les titres, tour à tour ratés, moyens, plutôt réussis, s’enchaînent sans réelle cohérence et n’amènent rien d’étonnant. Le single « We Pop » nous invite quand même à remuer légèrement la tête sur une instru très tendance et pas franchement consistante. S’ensuit un morceau à la tonalité soul (« Grits »), agréable, une des rares réussites de l’album noyée dans une marée de titres inutiles (« Fast Cars », « Drink, Smoke & Fuck », « The Whistle ») sur lesquels RZA nous resserre des arrangements entendus et re-entendus sur ses projets passés. La créativité de notre idole semble plus que jamais au point mort. Heureusement que sur quelques morceaux, RZA parvient à retrouver sa capacité a créer des ambiances noires et menaçantes, comme sur « You’ll Never Know » ou « The Drop Off » s’appuyant sur un beat sourd, des violons mélancoliques, le tout aéré par des voix mystérieuses et des bruits urbains. Enfin un peu de relief dans un album trop lisse

Mais ne soyons pas trop dur, en bon rentier qu’il est devenu, RZA se contente de nous livrer un hip hop honnête malgré tout, basé sur des recettes éprouvées (voire éculées pour ses détracteurs). Il semblerait tout de même que c’est la fin du règne d’un rebelle devenu prince.

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