Russian Circles – « Empros »

russ180Album
(Sargent House)
24/10/2011
Post métal

Comme pas mal de groupes talentueux avant lui, Russian Circles s’est appliqué le temps de trois albums à prouver que le rock pouvait être de toute beauté en étant instrumental et joué à plein volume. A ce titre, « Geneva« , son dernier effort paru en 2009, partagé entre véritables éruptions électriques et post rock orchestral, laisse un souvenir encore impérissable. Définitivement plus burné, « Empros » risque fort de laisser plus de larsens encore tant le trio de Chicago reprend les choses là ou il les avait laissées, tout en tournant un peu plus les potards, en poussant les lampes des amplis dans le rouge, dans le but de multiplier l’intensité de ses compositions, et laisser s’abattre un véritable ras de marée à chacun des six longs titres qui le composent. Puissance, assurance et maestria sont ainsi les trois sensations qui se dégagent dès que « 309 » sonne l’ouverture des hostilités. Infaillible, fort d’une section rythmique indéboulonnable (quel son de basse mon cousin!), réglée au millimètre, sur laquelle une guitare s’offrent riffs et diverses expressions de sa violence fantaisiste, Russian Circles a le ton grave et semble bien décidé à ne rien laisser intact sur son passage. Pourtant, de ce capharnaüm parfaitement maitrisé s’échappe encore quelques mélodies – véritables invitations au masochisme – arrondissant parfaitement les angles. C’est le cas sur le jouissif « Mlàdek » qui, par les quelques éclaircies perçant ses épais cumulus d’une noirceur inquiétante, ne manquera pas de rassurer ceux qui ont d’ordinaire peur de l’orage. Les mêmes qui seront définitivement convaincus alors que « Schiphol » et « Atackla » souffleront progressivement une certaine accalmie qu’on croyait acquise jusqu’au milieu de « Batu », avant dernier titre qui, en son juste milieu, lâche ses dernières forces, cette mélancolie électrique qui rend l’air tout juste respirable. Dangereux mais furieusement addictif, « Empros » pourrait bien s’échapper des hauts parleurs de villes encore fumantes à l’heure de l’apocalypse. Encore un peu plus d’un an de patience.

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