Rubatong – « Rubatong »

ruba180Album
(Red Note)
06/02/2012
Blues rock barré

Si aucun détail de la carrière des mythiques The Ex (une vingtaine d’albums et autant de Eps) ne vous a échappé, vous saurez certainement mettre un visage sur Han Buhrs, ancien Schismatics passé furtivement chez les Hollandais au milieu des années 90, juste après la sortie de « Mudbird Shivers ». Près de vingt ans plus tard, le bougre revient s’acoquiner avec le bassiste Luc Ex, la percussionniste classique/contemporaine Tatiana Koleva, et le guitariste rock/rap René Van Barneveld pour accoucher de Rubatong: un nouveau projet au registre atypique, nés de backgrounds musicaux aux antipodes, à la fois rock, chanson, et classique moderne, aux ambiances sombres et aux allures improvisées, sur lequel le bonhomme chante en jonglant plutôt habilement entre anglais, allemand, français et hollandais. Un contexte pour lequel les vieux fans de The Ex éprouveront sans doute une certaine familiarité, confortée par les compositions à la fois rugueuses et anguleuses d’un quatuor étonnement sur une parfaite longueur d’onde, et particulièrement à son aise pour offrir à chaque morceau l’ambiance propice pour accompagner les élans scénaristes et les interprétations limite théâtrales de Buhrs (« Protilanenmensch », « F Voor Af »), pièce maitresse du puzzle qui y déroule à chaque piste sa petite histoire. Ainsi, le rock de Rubatong se montre ici dynamique et efficace (l’excellent « In a Haze », « Dirty Lil’Kiss »), là cérébral et sur la retenue (« Future Hung Around »), vire vers le blues nerveux (« G-Spot Democracy ») avant de retourner à ses douceurs (« Fingerprints ») et faire peser une certaine gravité rappelant même Jacques Brel dans ses entournures (« A Ce Moment »). Certes, le champ d’action est large mais bien occupé, et il y a fort à parier que le quatuor a encore quelques jolis recoins à nous faire visiter.

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