Royal Headache – ‘High’

Album / What’s Your Rupture / 28.08.2015
Pop punk

Du gris et du blanc. C’est tout ce qu’on le voit à l’écoute de ce deuxième album des australiens de Royal Headache, plus que jamais obtus dans leur quête d’une fulgurante mélodie, de deux minutes d’éclats, portés par la voix splendide de leur leader, Shogun. Loin des éructations inaudibles du chanteur de ton groupe de punk lo-fi préféré, il porte en creux, dans un coin de sa voix chaude, une manière très particulière de chanter la joie et la tristesse, dans un clair-obscur cyclique qui habite chacun de ces dix nouveaux morceaux.

I used to live in a world of rock’n’roll and tons of girls!‘ déclame-t-il sur l’introductif ‘My Own Fantasy’. Par la suite, il ne sera plus question que de ça. Se remémorer une fille, en célébrer une autre, les pleurer, les maudire, peu importe. Au fond, ici, c’est toujours la même histoire, mais jamais les mêmes nuances. Des petites nuances qui prennent la forme d’une évolution paisible, là ou l’album précédent s’épanouissait dans l’exécution rapide, franchissant par épisodes la barrière des deux minutes. Sur ‘High’, on se modère par moment, le temps d’empoigner une guitare acoustique pour ‘Carolina’ ou de faire dans des formats plus longs avec ‘Garbage’ et ‘Wouldn’t You Know’, avant de retourner à ses cavalcades.

Au bout de cette petite demi-heure, Royal Headache reste plus que jamais lui-même, au cours d’un programme qui demeure inchangé: distiller le plus vite possible, et en deux accords-trois mouvements, une boule de grisaille logée entre les pleurs et la joie. Je crois qu’un illustre monsieur appelait ça le bonheur d’être triste.

‘My Own Fantasy’, ‘Need You’, ‘Wouldn’t You Know’, ‘Garbage’, ‘Carolina’

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