Rosqo – « Taikonaut »

Taikonaut[Album]
01/11/2004
(Gentlemen/Acropole)

La Suisse n’en finira donc jamais de nous surprendre. Après ses sauvageons de Houston Swing Engine, ses émo boys de Favez, voilà que débarque Rosqo, quatuor à la musique envoûtante, aussi proche du post rock, plus rock que post, que de la college pop américaine. Comme leurs compatriotes musiciens, les quatre puisent leur richesse en partie dans les intensités qu’ils s’amusent insolemment à faire groover, comme sur ce « Livret 3 » d’ouverture, longue et progressive montée en puissance de la rythmique, enrichissement constant de notes avant que les guitares saccadées ajoutent une couleur rock n’roll. Alors qu’on pense encore à un penchant musical parfois élitiste genre Mogwai, « Sunday » apporte fraîcheur et accroche avec ses mélodies pop naïves et puissamment soutenues. Et telle est la recette de ces suisses: un jolie, franche et pesante conversation entre la mélancolie (« About Blank ») et la bonne humeur (« Rococorock », « Budapest ») qui ne fait qu’apporter une diversité agréable et nécessaire pour ne pas faire de ce « Taikonaut » un flan aux pommes de terre. Bingo! Rosqo parvient sans aucune fausse note à un séduisant opus un tantinet schyzo, tantôt rafraîchissant, tantôt oppressant mais toujours étincelant, un peu à la manière d’un Ghinzu même si le quatuor préfère casser les angles. De là, naissent de véritables petits bijoux, tels « A Thousand Leaves », « Peur Du Vide », « Tunnel », « Weisshorn » ou « Microscope » pour n’en citer que quelques uns, tant chacun de ces onze titres se rapprochent dangereusement de la perfection du genre. « Taikonaut » est sûrement une des plus belles surprises rock de l’année. Et dire qu’elle nous ait tombé dessus sans prévenir… Trop bon!

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