Roots Manuva – « 4everevolution »

roots180Album
(Big Dada)
26/09/2011
Hip hop mais pas que

Du haut de ses trente huit ans et du long chemin parcouru depuis son premier album « Brand New Second Hand« , Roots Manuva ne peut plus être seulement considéré aujourd’hui comme un simple Mc. Plus adulte que jamais, le bonhomme a des choses à dire, des messages à faire passer, par les mots comme par sa musique. En cela, le titre de son nouvel album « 4everevolution » fait d’une pierre deux coups, annonce la couleur, et s’offre même le luxe d’être particulièrement de circonstance. En effet, au delà d’afficher une énième couleur musicale qui ne se révèle être finalement qu’une grande mixture de ses multiples influences, Rodney Smith y clame à qui veut bien l’entendre que tout être humain doit se prendre en main pour ne pas constamment subir de lendemains toujours plus difficiles.

Bien que droit dans ses bottes et fidèle à son éthique, Roots Manuva apprendra pourtant ici que cette approche n’est pas sans risque quand on l’applique à sa musique. Ici, le temps de dix sept titres, le banlieusard londonien aligne plusieurs de ses productions auxquelles s’ajoutent – entre autres – celles du Banana Klan (Daddy Kope, Ricky Ranking et Dj MK) pour un éclectisme séduisant sur papier, mais peu convaincant à l’écoute. Parce que nul besoin d’avoir les oreilles aiguisées en pointe pour se rendre à l’évidence: au sein de cette nébuleuse de morceaux de bonne volonté mais sans grand intérêt (le disco « Watch Me Dance », « Get The Cat » partagé entre beat dancefloor et refrain electro swing, « Noddy », « Much Too Plush »), voire totalement indigestes (« Beyond This World », « Go Champ »…), la moindre petite trouvaille de bon goût fait facilement son effet. En ce sens, la nonchalance créole de « Wha’ Mek? », la ligne de basse funky de « First Growth » ou l’ambiance sombre de « Takes time » et « Crow Bars » sont particulièrement bien senties.

C’est donc forcément un élagage plus poussé encore qui nous livre les meilleurs titres de ce « 4everevolution », les seuls à se montrer dignes d’imparables maxis garantissant de faire une quasi unanimité. Un sort qui, en toute logique, devrait être réservé au final « Banana Skank », comme aux « Witness » de ce cru 2011:le monumental dubstep de « Here We Go Again », l’imparable et remonté « Skid Valley » prouvant que le groove du dub à encore sa place chez Rodney Smith. Malgré eux, et après un « Duppy Writer » si conceptuel et à part qu’il est aujourd’hui difficile de le considérer comme un véritable album, l’Anglais peine une fois encore à laisser penser qu’il retrouvera un jour l’efficacité qui était la sienne jusqu’à « Awfully Deep« . La preuve, n’est-ce finalement pas ce chacal de Ghospoet qui, ces derniers temps, a sorti le meilleur album de Roots Manuva?

Disponible sur
itunes8

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