Robot Orchestra – ‘Robot Orchestr3’

Album / Autoproduction / 25.01.2014
Rock ambient

Robot Orchestra n’est pas du genre à s’endormir sur ses acquis. Avec déjà deux albums explosifs au compteur et des dates partout en Europe, le binôme rochelais joue sans relâche, et avec panache, un rock vif et immédiat empreint de mélodies poignantes. Avec la farouche volonté de ne pas se répéter, auréolés d’une plus grande expérience et de plus de maturité, c’est accompagnés d’un troisième membre au violon et aux claviers que Dimitri Chaillou et Steve Perreux ont remis les compteurs à zéro, et se sont enfermés en studio pour nous en ramener ‘Robot Orchestr3’, un troisième opus à la croisée des chemins de nouveaux espaces et d’expérimentations sonores inédites.

Au risque de déplaire aux fans de la première heure préférant le souffle des amplis et les oreilles qui sifflent, c’est un virage radical que le groupe opère ici en délaissant un temps son univers frontal pour un rock plus sombre, où chaque partie mélodique, ou voix et arrangements sont soignés dans une production minutieuse. En témoignent des compositions en élévation permanente (‘Invisible Smoke’, ‘Crossroads’, ‘Gazoline’) qui, appuyées par les cordes de Johan Gardré, nous plongent dans des ambiances plus introspectives et aériennes, poussant ainsi Robot Orchestra à surpasser son jeu pour le rendre plus magistral et poétique.

Comme il est difficile de chasser leur naturel punk rock, les protagonistes n’oublient pas de nous abreuver de leur énergie originelle avec des titres plus engagés, fidèles à leur savoir faire, sans dénoter la couleur globale de l’album (‘Sunday Hangover’, ‘So Many Battles’). Et c’est avec l’audacieux ‘Edifices’ – chanté en français et au texte fort – que le groupe vient achever l’exercice dans une envolée musicale aussi magnifique que tendue, toute à l’image de cet opus aventureux, de ce voyage musical sombre et intense fleurant bon le grand large. Sans cesse en recherche et en évolution, Robot Orchestra a pris le risque de s’offrir un nouveau visage. Pour cette démarche courageuse, comme pour le travail accompli, le groupe mériterait d’être ovationné.

‘Gazoline’, ‘Sunday Hangover’, ‘Edifices’

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