Rien – ‘2’

Ep / L’Amicale Underground / 21.10.2013
Post rock spatial

Après deux albums et un premier EP, ‘3’, publié en 2010, Rien nous gratifiait fin 2013 d’un second format court, assez peu médiatisé, qui mérite qu’on y revienne aujourd’hui. D’autant que les quatre titres de ce ‘2’ annoncent l’ultime volet, attendu pour le 1er décembre 2014, d’une discographie peu fournie mais d’excellente facture. Le style des nihilistes grenoblois pourrait être qualifié de post-rock d’obédience cinématographique, mais davantage nourri au whisky frelaté tendance spaghetti qu’à la sauce arbre-désolé-sur-fond-de-soleil-couchant-en-noir-et-blanc qu’évoquent plus volontiers les représentants de ce courant musical.

Egaré dans les brumes qui clôturaient ‘3’, le voyageur retrouvera la terre ferme dès les premières foulées sur ‘Autobahn Love’. D’abord surpris par l’autoroute déserte et synthétique qui s’offre à ses pieds, il n’aura qu’à lever les yeux pour suivre les progressions de guitare jazzy, caractéristiques du groupe, slalomer entre les étoiles dans le ciel nocturne. Il pourra alors admirer quelques nuées d’étoiles filantes toutes droit sorties du premier Civil Civic. Le dénivelé de la route le conduira au firmament où il sera accueilli par un blizzard stellaire (‘Loosters Will Be Shot’), le paysage oscillant toujours entre rythmes synthétiques et mélodies plus humaines, ces dernières se raréfiant en même temps que l’oxygène jusqu’à la disparition de toute matérialité. Commencera alors une dérive spatiale anxiogène suivie par la caméra amusée du CARL de 2001, l’Odyssée de l’espace (‘Intrastellar Drift (Where the Fuck Is Earth?!)’). Arrivé au bout de l’univers, là où l’humain et même la machine n’ont plus leur place, le voyageur visitera les entrailles de la Terre pour y assister à ‘La Chute de Satan’, longue progression à géométrie et vitesse variables s’achevant dans les rythmiques… endiablées de l’Enfer.

Ce second volet de la trilogie d’EP, destinée à clore l’épopée du groupe, s’appuie sur une virtuosité et des trouvailles sonores électroniques au service d’un imaginaire riche qui emmène l’auditeur loin, très loin… En attendant la fin du décompte, ‘2’ confirme, s’il était besoin, que Rien est décidément, pour quelques mois encore, un groupe passionnant.

Rappelons que cet EP, comme le reste de la discographie du groupe, peut être acheté sur support CD depuis le site du label du groupe, mais aussi téléchargé gratuitement au format digital.

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‘Autobahn Love’, ‘La Chute de Satan’

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