Revok – « Bad Books And Empty Pasts »

Bad Books And Empty Pasts[Album]
25/01/2008
(Rejuvenation/Rejuvenation)

Rideau… noir de préférence. Car l’univers de Revok, formation parisienne née des cendres de Seanews, Gameness et Belle Epoque, et comprenant des membres de Do You Compute, Brume Retina et autres formations aux antipodes, n’est pas des plus chaleureux quand il se présente à nous sous ces quelques mots: « Revok n’est qu’une association d’individus séjournant dans un monde capturé par la représentation de nous, des autres. Cette échelle du monde, en tant que spectacle désolant et désolé nous incite continuellement à atteindre un rêve contenu au-delà (…) Notre musique est pauvre, notre philosophie aussi, mais toi, l’animal, tu nous reconnaîtras, nous avons mangé ta chair et dispersé ton sang« . Le décor est planté, on connaît désormais le sort qui nous attend à l’écoute de « Bad Books And Empty Pasts », premier album marquant une suite de déflagrations post hardcore pour oreilles écorchées vives, baignées dans l’obscurité et le pessimisme le plus total

Alors à quoi bon vivre si nos lendemains doivent être aussi sombres que ces Parisiens les dessinent? Peut-être parce que cette petite dizaine de titres nous y préparent lentement, et surtout qu’ils valent clairement le détour, le coup d’être écoutés…longuement, en mode répétition, jusqu’à ce que mort s’en suive. Pourtant Revok ne s’embarrasse pas des superflus, laisse sa personnalité s’exprimer d’elle-même pour gagner en persuasion, préférant appuyer là ou ça fait mal (la vidéo en live, des compos épurées par exemple) plutôt que d’y perdre en simplicité

Car les piliers du registre de Revok sont assez solides pour que l’édifice ne flanche à aucun moment, qu’il s’agisse d’une basse typiquement noise et très présente, d’une batterie qui résonne le plus naturellement possible, ou de guitares partagées entre accords surpuissants, riffs incisifs et répétitifs. Au milieu de ce magma, les hurlements et plaintes de la voix, toujours savamment placés, tentent tant bien que mal de se faire leur place, mais contribuent pleinement à la belle, sincère et intègre réussite de ce premier disque, cohérent et homogène, jonglant merveilleusement avec les intensités. Une bouffée d’air frais, une remise à l’heure bienvenue alors que le monde de la musique, dont Revok et sa mélancolie mâle incarnent incontestablement le côté maladif rampant, fonce inexorablement vers les sommets de la superficialité. La claque

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