Reverse Engineering – « Duck & Cover »

Duck & Cover[Album]
13/03/2006
(Jarring Effects/Pias)

Si Jarring Effects est devenu au fil du temps la source indiscutable en matière de dub hexagonal, on savait la fine équipe débarrassée de toute oeillère. Pas étonnant donc que le catalogue s’enrichisse de formations issues d’univers différents. Reverse Engineering incarne quelque peu ce renouveau. Après deux maxis sortis en deux ans, les Suisse arrivent enfin au stade du tant attendu premier album, celui ou tous les espoirs placés en eux se doivent d’être confirmés. Car c’est surtout sur scène que le trio a jusqu’à maintenant fait ses preuves, grâce à des prestations collant parfaitement à leur musique, c’est-à-dire sombres, puissantes, froides, guerrières et poétiques, sans compter sur la vidéo, alors cerise sur le gâteau. « Duck & Cover », s’il s’inscrit dans la suite logique des précédents formats courts, devrait donc sans mal remettre les choses à leur place et affirmer Reverse Engineering parmi les pièces maîtresses de l’electro hip hop européen

Mais rassurez vous, Jarring Effects ne lance pas dans le grand bain un énième prétendant surfant sur la vague actuelle. Non. Le trio helvète martèle les beats, plonge sa musique dans des sonorités electro indus, y colle ci ou là quelques mélodies (« Clarity ») rendant chacun des titres évolutifs, digestes, accrocheurs, efficaces mais surtout originaux. Et ce, qu’ils soient instrumentaux, chantés ou rappés puisque Blu Rum 13, Mc américain membre notamment de One Self aux côtés de Dj Vadim et Yarah Bravo, se pose sur trois des treize titres de ce « Duck & Cover ». Composés à base de laptop, de clavier, de beatbox, de scratches (G-Bart fait d’ailleurs plutôt bonne figure) et de voix, quelques-uns des titres de cet opus sont clairement impressionnants de maturité. Attardez vous par exemple sur le glacial « Brain In a Box », « Porcinet » ou Jasmine (chanteuse désormais intégrée au groupe) rappelle parfois les intonations de Bjork, l’oppressant « This Is Not a Test », le spatial « Soundsystem » (feat Blu Rum 13), ou le pachydermique « Attack Of The 50Ko Creatures » pour vous faire une idée de la large palette avec laquelle joue Reverse Engineering

Ne fuyez pas, vous n’avez pas encore tout entendu en matière d’abstract hip hop. Avec « Duck & Cover », Reverse Engineering va très certainement attendrir les adeptes de Mush, Anticon et Def Jux, mais va aussi les emmener dans des sphères dans lesquelles ils ne se sont que trop rarement plongés. Ici, l’ambiance est glaciale, au point qu’il suffit de toucher ce disque pour qu’on y reste collé. Mais après tout, ce ne serait pas la première fois que la musique fasse ressortir notre côté masochiste. Quitte à prendre du plaisir, autant que ce soit à l’écoute de ce qui sera certainement un des meilleurs albums de l’année..

En écoute

1. Attack Of The 50Ko Creatures     
2. Brain In a Box     

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