Retisonic – « Robots Fucking »

reti180Album
(Arctic Rodeo)
24/02/2012
Post hardcore

Quel plaisir, et en même temps quelle surprise, de voir revenir Retisonic sous les feux de l’actualité. En effet, comme nous, ceux qui suivent le groupe depuis que Bluetip a décidé de raccrocher les guitares ont peut être pensé que le trio avait jeté ses dernières idées, peut être même ses dernières forces dans « Levittown« , maxi paru en 2006 et ultime ligne de sa discographie depuis. C’était sans compter le caractère intemporel de sa musique, tout comme l’abnégation de chacun de ces musiciens qui, durant toutes les années séparant leurs deux albums, n’ont jamais quitté leur instrument. Car si un hiatus a bien été acté collectivement en 2004, Retisonic n’aura pas tardé à revenir sur sa décision, se remettant à composer et enregistrer sans que la distance entre chacun des musiciens prenne le pas sur l’envie. De fait, on apprend seulement maintenant que « Levittown » n’était finalement qu’un premier aperçu d’un deuxième album qui aura été plusieurs fois repoussé, jusqu’à paraitre enfin et tomber entre nos mains. « Robots Fucking » restera donc sans surprise pour les fidèles du groupe, contrairement aux novices qui découvriront en lui le résultat d’une digestion originale de longues années passées au service du punk, du hardcore et du post-tout ce que vous voulez. A la fois gentiment complexe et constamment accessible (« High On Denial »), la bande de Jason Farrell ne laisse entendre aucun essoufflement: elle soigne le relief comme l’intensité de chacun des morceaux, garde intacts ses riffs / accords si particuliers, multiplie généreusement les mélodies faussement évidentes (« Down Safe Away »), les changements de rythme efficaces, le tout avec cette énergie de toujours qui laisse volontiers entendre que la machine possède quelques chevaux sous le capot (« Wait… Lookout! », « In And Out Of Dim »). Comme imperturbable par le temps qui passe, Retisonic est donc finalement resté comme on l’avait laissé: cohérent et solide, mais aussi paradoxalement dans une certaine autosatisfaction qui l’empêche encore de ne pas être un simple groupe épisodique.

itunes11

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