James Chance & The Contortions – « Soul Exorcism Redux »

Soul Exorcism Redux[Album]
27/08/2007
(ROIR/DG Diffusion)

Il y a des choses qui paraissent tout à fait improbables sur le papier et qui fonctionnent pourtant dans la réalité. Est-ce que vous imagineriez par exemple le MC5 reprendre un morceau de Fela? Vous allez me rétorquer que ça poserait quelques problèmes chronologiques… Soit. Il existe néanmoins un hurluberlu –qui ne pouvait être que new-yorkais- pour avoir tenté le rapprochement entre les deux esthétiques. Qui sait tendre l’oreille reconnaîtra sans doute aussi du Dr John, du Sun Ra, du Suicide, du Captain Beefheart et du Talking Heads dans la musique de James Chance & The Contortions

Arrivé dans la Grosse Pomme bien vérolée du milieu des 70’s, James Siegfried est alors un jeune saxophoniste passionné de free jazz et de funk, en pleine explosion punk. Rapidement repéré par la crème de l’underground du Lower East Side, James saisit sa Chance de devenir l’icône de la no wave, énième bâtarde indocile du mouvement punk qui viendra foutre le bordel dans les clubs moisis des grandes villes occidentales entre 1977 et 1983

A la tête des Contortions, un groupe composé majoritairement de musiciens noirs, issus du funk ou du free jazz (le bassiste jouait aussi avec Ornette Coleman), James Chance se charge du sax alto et des claviers, en sus du chant et des hurlements en tout genre (que Jon Spencer a dû beaucoup écouter), et s’en va éructer son funk de junkie devant des publics qui n’avaient absolument rien demandé à personne. Les concerts du groupe se terminaient donc régulièrement en bastons, entre le sax maniac lui-même et des types du public dont la tête ne lui revenait pas, qui finirent d’asseoir la légende du bonhomme

C’est à un morceau de cette légende que le label ROIR nous permet justement d’accéder en rééditant ce concert enregistré un soir de Juin 1980 à Rotterdam (sorti initialement en 1990). Et l’on comprend vite que rien n’a été exagéré. On commence direct, après une brève introduction, par une reprise violentée de Michael Jackson qui n’avait sans doute jamais envisagé une telle bestialité sexuelle pour son « Don’t Stop Til You Get Enough ». Là où Bambi gémissait comme une chatte en chaleur, James Chance éjacule ses orgasmes à la face du public en vociférant comme un damné. Plus tard, le groupe reprendra aussi le dérangé « King Heroin » de James Brown, proche des délires paranoïaques de The Doors. Entre-temps, le blanc bec aura dansé avec un zombie, exorcisé le funk, dansé « The Twitch » et accusé le diable d’être responsable de tout ça. Même après l’avoir remis dans sa cage, le possédé continuera de se contorsionner comme un épileptique à qui on aurait mis le feu. On connaît beaucoup de punks préfabriqués qui pourraient prendre des notes..

Les trois bonus tracks proviennent d’une session studio enregistrée en 1987 par celui qui se faisait alors appeler James White, comme le négatif de son idole James Brown, dont il reprend d’ailleurs encore le « I Don’t Want Nobody To Give Me Nothing ». Plus funky, moins noisy. Mais ça reste suffisamment dérangé pour plaire aux fans des groupes punk-funk actuels..

S’il reste surtout un nom mythique pour les mélomanes avertis depuis une vingtaine d’années, James Chance est aujourd’hui en passe de retrouver la place qu’il mérite sur l’échiquier musical international. Cité par toute une armada de groupes, le new-yorkais tient ses trésors à disposition. Ce « Soul Exorcism Redux » en est un parmi beaucoup d’autres..

Ecoutez un extrait iciTracklisting1- Intro By Anya Phillips2- Don’t Stop Til You Get Enough3- I Danced With A Zombie4- Exorcise The Funk5- Disposable You6- The Twitch7- The Devil Made Me Do It8- Melt Yourself Down9- King Heroin10- Put Me Back In My Cage11- Contort Yourself12- Disposable You #2*13- I Don’t Want Nobody To Give Me Nothing*14- Truth Or Consequence** Bonus Tracks

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