Red Hare – « Nites Of Midnight »

Album
(Dischord)
21/05/2013
Punk hardcore

Les décennies se suivent mais ne se ressemblent pas. Alors qu’il décidait de fonder Dischord au début des années 80 en se focalisant uniquement sur la scène de Washington D.C., Ian McKaye s’est longtemps vu conforté dans son choix par d’innombrables sorties d’albums devenus incontournables avec le temps. Jawbox ou Dag Nasty y ont fait leurs classes, tandis que d’autres comme Smart Went Crazy, Q And Not U, Lungfish, Minor Threat et évidemment Fugazi lui sont toujours restés fidèles. Trente ans plus tard, l’émulsion désormais retombée et la source quelque peu tarie, on n’aurait pas forcément été étonné que la maison offre un peu de souplesse à sa politique historique. Cela aurait été mal connaitre les bonhommes.

Si les groupes intéressants de Washington D.C. sont moins nombreux à venir toquer à sa porte aujourd’hui, Dischord peut toujours se contenter de pouvoir compter sur les inépuisables punk rockeurs ayant déjà largement ponctué son catalogue. Jason Farrell en est un, assurément. Auteur de quatre albums avec Bluetip notamment, le bougre connait bien la maison, et n’a pas manqué de proposer à McKaye de publier le premier album de Red Hare, un nouveau groupe dont les membres ne sont pas vraiment nés de la dernière pluie. Il faut même rembobiner jusqu’en 1987 pour mieux cerner ce « Nites Of Midnight », premier album produit par J.Robbins. Cette année là, Farrell, Shawn Brown (premier chanteur de Dag Nasty) et trois autres figures locales fondent Swiz: une aventure qui – bien que courte – laissera des traces indélébiles dans les annales musicales de la ville.

Déjà réunis quelques années plus tard sous le nom de Sweatbelly Freakdown, trois d’entre eux – accompagnés de Joe Gorelick (batteur de Bluetip) – se retrouvent donc une nouvelle fois au sein de Red Hare. Une renaissance du phénix qui n’en est pas vraiment une puisque, même si les quatre sont évidemment marqués par le passé qui les unit, « Nites Of Midnight » est porté de bout en bout par la fraîcheur, l’enthousiasme et la spontanéité propres à chaque nouveau projet. Logiquement, et sans jamais rester coincé au fond d’une ride, Red Hare retrouve donc l’énergie de Swiz, un penchant naturel pour ce hardcore aux refrains accrocheurs et hargneux (« Be Half »), aujourd’hui marqué par la science du riff d’un Farrell nettement plus influent (« Dialed In », « Nites Of Midnight »). Pas de doute, à l’écoute du « Fuck Your Carreer » qui se charge de clôturer ces huit titres, c’est tout Dischord qui a dû voir défiler les plus belles images de son passé. Certes, Red Hare ne refait pas l’histoire, mais a au moins le mérite de la raviver sur une bonne note.

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