Raydar Ellis – « Late Pass »

Late Pass[Album]
04/09/2006
(Brick/Openzik)

L’intro de ce disque voit Raydar Ellis se faire réveiller en catastrophe par une sonnerie de téléphone. A l’autre bout du fil, une voix étouffée à la Kenny de South Park. On comprend néanmoins grâce aux réponses de Raydar qu’un label est très intéressé pour écouter l’album qu’il est en train de composer. Malheureusement, le rappeur s’était quelque peu avancé et n’a pas encore complètement achevé l’album en question. Il lui reste donc deux petites heures pour fouiller ses fonds de tiroirs et dégotter les bombes qui lui sauveront la face…. On découvrira par conséquent les morceaux de ce « Late Pass » au fur et à mesure que le Bostonien fait le tri dans ses vieilles cassettes, entrecoupés d’interludes du même acabit

Si ça vous rappelle les petits sketches truculents des premiers De La Soul, ça nous rassure, parce que nous aussi. Comme beaucoup de ses contemporains, Raydar Ellis semble en effet s’être éduqué les oreilles avec les disques de la Native Tongue (De La soul, A Tribe Called Quest, Jungle Brothers…) puis quelques années plus tard avec les productions estampillées Rawkus (et ça ne nous étonnerait pas qu’il se ruine aujourd’hui à cause du catalogue Stones Throw). En tout cas, on jurerait entendre Mos Def sur le très bon « You Know The Name » qui démarre les hostilités..

Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Raydar Ellis s’occupe de tout personnellement, des rimes à la production, en passant par les platines, tout juste épaulé par quelques potes de passage (7L & Esoteric, Edo G., Project Move…). Les instrumentaux savent puiser dans le meilleur du jazz et de la soul (cf. le superbe « Sambo Song », « Dickrider »…), ou marteler comme au bon vieux temps (« Pay Hommage », « Shut Shit Down »…). Le flow du bonhomme ne profite peut-être pas encore tout à fait du même savoir-faire, même si on a entendu bien pire ailleurs (mais on a aussi entendu plus original, ou en tout cas plus personnel). Niveau lyrics, ce diplômé du prestigieux Berklee College Of Music n’avait en revanche aucune excuse et évite donc assez facilement les propos bling bling. Si Raydar Ellis nous avait demandé notre avis, peut-être qu’on se serait permis une petite remarque sur le durée du disque qui est un poil long pour un premier album, alors que deux ou trois titres sont sans doute un peu accessoires. Mais, bon, il n’a pas appelé. On va pas se fâcher pour ça..

Bref, avec ce « Late Pass », Raydar Ellis a bien fait passer son message: il faudra désormais compter sur lui dans la paysage rapologique indépendant! Et si la suite des événements se montre à la hauteur de ce premier effort, et que le rappeur de Boston trouve le petit truc qui le démarque de ses aînés, ça ne fait pas l’ombre d’un doute qu’on reparlera de lui très prochainement, et sans doute pas que dans Bokson cette fois-ci

Fortement conseillé aux fans des Mos Def, Common, J-Live ou The Roots donc… Les autres, écoutez au moins l’album pour savoir si Raydar Ellis parvient à convaincre son label… Fucking Rap Shit..

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