Raoul Sinier – « Tremens Industry »

raoul180Album
(Ad Noiseam)
19/10/2009
Electro bruitiste

Une fois passée cette année 2007 qui l’a vu enchainer les sorties à n’en plus finir, Raoul Sinier s’est de nouveau renfermé sur lui-même pour concocter la suite de l’excellent « Wxfdswxc2« . En 2009, le parisien présente « Tremens Industry » qui, plus que jamais, se veut le reflet d’un artiste multi-facettes pour qui la musique n’est pas tout. En effet, si sa patte électronique est devenue au fil du temps une véritable marque de fabrique, ses visuels n’auront pas non plus laissé indifférent, et cela qu’il peigne et expose en galeries, sculpte, ou design pour le compte de pochettes (dDamage, The Teknoist) ou de magazines (Belio notamment). Livré avec un DVD contenant la somme de ses travaux vidéo (illustrations, clips, court métrages), « Tremens Industry » peut donc se vanter sans crainte d’être l’oeuvre la plus complète et aboutie de Raoul Sinier. La plus accessible aussi, ce qui n’ira pas pour déplaire à ses détracteurs souvent répugnés par l’aspect bruitiste et expérimental de ses productions. Mais que ceux-ci ne s’attendent pas non plus à un quelconque retournement de situation: une nouvelle fois, et à l’image de la pesante intro « Overthoughts », l’artiste nous emmène visiter une autre facette de l’enfer, son monde parallèle, son petit monde à lui ou des créatures gnomes vous grignotent les chevilles, ou la lumière n’a pas droit de cité, ou l’intensité ambiante rapproche le ciel de la Terre tel un étau auquel il est impossible d’échapper. Tant mieux, car c’est une fois le piège définitivement refermé par « Sand Skull » qu’on découvre la réelle évolution frappant ce « Tremens Industry » pourtant des plus cohérents: là, l’armée bat en retraite, la Bête rentre les griffes, offre une poignée de caresses urticantes, chante, et use de sa guitare maison (mode d’emploi dans le DVD), pour mieux faire les yeux doux à grands coups de mélodies sombres (« The Hole », « Boxes », « Elle a Raison », « This Little Mouse ») entrecoupant les habituels assauts hip hop, breakbeat, voire hardcore, moins faciles mais tout autant inspirés (« Alternative Rush », « Confusion Room », « Tremens Industry »). Si Raoul Sinier n’a donc plus le doigt aussi lourd sur le pulvérisateur, c’est pourtant toujours au rayon décapant qu’il faut aller chercher cette nouvelle salve du plus ferrailleur des producteurs français.

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