Raoul Sinier – « Brain Kitchen »

Brain Kitchen[Album]
01/04/2008
(Ad Noiseam/Differ Ant)

Raoul Sinier ne dort jamais. En tous les cas, plus depuis son album « Wxfdswxc2 » sorti en janvier 2007, année qui l’aura connu hyper productif et pendant laquelle il aura sorti cinq disques sur quatre structures différentes. Pas moins. Le parisien est donc du genre difficile à suivre lorsqu’il profite du moindre maxi pour s’écarter du chemin tracé par ses deux premiers albums, dont il reprend finalement les bases pour ce « Brain Kitchen » laissant entrevoir une nouvelle année encore bien chargée

Et bien qu’annoncé comme une suite du très réussi « Wxfdswxc2 », ce nouvel opus s’inscrit beaucoup moins dans le hip hop que son prédécesseur, préférant la complexité de productions IDM, pourtant jamais dispensées des mélodies, structures capilotractées, et ambiances obscures qui, depuis ses débuts, auront fait la marque de fabrique de cet artiste complet – comme en témoignent son univers graphique récurrent et les vidéos qui accompagnent systématiquement ses disques. Sauf qu’en jouant la carte d’une richesse et d’une densité accrue, ce producteur, autrefois réduit au diminutif Ra, ampute quelque peu cette nouvelle livraison d’une accessibilité déjà restreinte par le passé. Non pas que ce « Brain Kitchen » soit inécoutable et totalement indigeste puisqu’il dépose lui aussi quelques titres que l’on retiendra (« Baby Trash », « Solid Flesh »), mais il se prédestine clairement à un public de mélomanes masochistes pour qui la musique doit faire travailler les méninges pour se hisser au rang de la performance et de l’art en général (« The Incredible Spitting Machine », « 256 »)

De ce fait, « Brain Kitchen » n’est pas de ces disques qui caressent dans le sens du poil, mais bien de ceux servant de bande sonore à un monde post apocalyptique ou tout est ferraille (« Brain Kitchen »), jusqu’aux mains robotisées de cet organiste haut perché dans sa cathédrale en inox (« Whalemen »), sonnant comme personne le glas de nos chers neurones auditifs déjà chatouillés par de petits anges jouant des castagnettes avec leurs Laguiole… Bienvenu au royaume des morts, ou l’on ramasse soigneusement ses écoutilles finement découpées en rondelles, que l’on dépose dans une petite coupelle sur l’autel de la musique électronique

En écoute

1. Solid Flesh     
2. Listen Close     
Voir le trailer vidéo ici.

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