Rancid – « Let The Dominoes Fall »

rancid180Album
(Hellcat)
01/06/2009

Bien que « Indestructible », son dernier album en date, ne laissait paraître aucune fragilité, Rancid a bel et bien marché sur un fil depuis sa sotie en 2003, obligeant son fidèle public à ne pas parier beaucoup sur son espérance de vie. Moins que l’escapade en solitaire de Tim Armstrong qui rôdait déjà depuis un bail, le deuxième solo de Lars Fredericksen, Freeman en tournée avec Social Distortion, ou le second volet de The Transplants, c’est surtout le départ de Brett Reed, batteur originel rapidement remplacé par Branden Steineckert (ex The Used), qui le condamnait à boiter quelques temps. Car on efface pas en un claquement de doigt une osmose rythmique vieille de quinze ans. Cet évènement important dans la carrière de Rancid ouvrait donc une nouvelle ère à double tranchant: celle d’une descente aux enfers ou, au contraire, d’une nouvelle jeunesse. Heureusement, les 19 titres de « Let The Dominoes Fall » viennent mettre les choses à plat, et effacer les derniers doutes tant ils ne trainent derrière eux aucun signe de difficultés qui seraient venues entraver la genèse de ce disque. C’est même à un retour nostalgique aux années 90 auquel on assiste, comme à un brillant condensé de tout ce qui a pu faire le succès du groupe depuis ses premières cordes cassées: des hymnes street punk (« East Bay Night », « You Want It, You Got It ») aux skanks du rocksteady (« Up To No Good » feat Booker T, « I Ain’t Worried », l’excellent « Liberty And Freedom », « That’s Just The Way It Is Now »), en passant même par des phases acoustiques surprenantes (« Civilian Ways », inspiré de l’expérience militaire du frère Armstrong en Irak, « The Highway »). Une belle diversité donc, mais pas vraiment de dépaysement puisque, comme ses prédecésseurs, cet album transpire le contexte culturel et politique dans lequel il a été écrit et composé, qu’il ne met toujours pas plus de deux minutes en moyenne pour nous abreuver de ses mélodies et afficher les opinions souvent engagées de ses géniteurs: « New Orleans » se réfère encore à l’ouragan Katrina, « The Bravest Kids » s’en prend aux manipulations de l’information, tandis que « Lulu » et « Locomotive » se penchent sur la crise économique actuelle. Pourtant, peut être le signe de sagesse du quadragénaire, Rancid se dévoile aussi en laissant, le temps d’un « Last One To Die » en guise de bilan des décisions prises par le passé, ses coups de gueule de côté. Le gang californien, qui affiche désormais seize années au compteur, n’a donc rien de perdu de sa verve et ajoute une belle ligne à sa discographie avec ce « Let The Dominoes Fall » que beaucoup de ses fans rapprocheront, à raison, de l’incontournable « Life Won’t Wait », autre temps fort de sa carrière.

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