Rancid – ‘Honor Is All We Know’

Album / Epitaph – Hellcat / 27.10.2014
Punk

Avec son chant à l’extrême limite de la justesse, couplé à des riffs enfantins exécutés dans un équilibre pour le moins précaire et nonchalant, le branleur de Tim Armstrong se dresse une nouvelle fois entre ses deux piliers, deux valeurs sûres que rien n’a jamais fait plier. En effet, depuis maintenant vingt-trois ans que ça dure, le talent et la rigueur de Lars Frederiksen (guitare/chant), comme de Matt Freeman (basse/chant), ont autant contribué à ne jamais faire évoluer Rancid qu’à lui offrir un chapitre dédié de l’histoire du punk rock. Bien assis sur l’héritage laissé par le Clash et toute cette génération d’aînés anglais, le quatuor de Berkeley virevolte depuis toujours autour de ses racines, en jonglant assez équitablement avec ses habituelles poussées street punk, hardcore, et son affection historique pour les musiques jamaïcaines, qu’elles soient reggae, rocksteady ou ska.

Il en est ainsi depuis 1991, et rien n’a jamais vraiment changé, si ce n’est l’arrivée sans conséquence du batteur Branden Steineckert, auparavant chez The Used. Il y avait donc peu de doutes que son huitième album sonne la révolution. En chantier depuis 2011, constamment retardé en raison d’autres projets ou d’intenses tournées, ‘Honor Is All We Know’ déboule finalement avec une quinzaine de titres totalement ancrés dans la plus pure tradition du groupe: un moindre mal pour lui qui n’avance qu’à l’envie, dégagé de toute obligation, et qui peut toujours s’appuyer sur une personnalité affirmée, cette identité dont les fans n’attendent finalement rien d’autre que son éternelle redite.

Ils seront une nouvelle fois bien servis puisque ‘Honor Is All We Know’ possède, comme tous ceux qui l’ont précédé, son lot d’hymnes punk interprétés la tête dans le guidon (‘Back Where I Belong’, ‘Already Dead’, ‘Now Where Through With You’), de refrains à boire (‘Raise Your Fist’, ‘In The Streets’, ‘Malfunction’), et même ses piqûres de ska dont Rancid est devenu maître depuis ‘Time Bomb’ en 1995 (‘Evil’s My Friend’, ‘Everybody’s Sufferin’). En prime, l’album peut aussi s’appuyer sur ce que beaucoup d’autres groupes ne possèdent pas à ce point: une indéniable complémentarité (‘Collision Course’, ‘Honor Is All We Know’), et une culture du riff aussi efficace que simple et minimaliste. En 2014, Rancid honore donc encore avec brio le classicisme du punk, rappelant au passage que, si on a beau en connaitre les ingrédients, il n’est pas toujours facile de bien envoyer la purée.

‘Raise Your Fist’, ‘Evil’s My Friend’, ‘In The Street’, ‘Already Dead’, ‘Malfunction’

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