Rancid – « B-Sides And C-Sides »

B-Sides And C-Sides[Album]
15/01/2008
(Rancid/Import)

Un bail que Rancid alimente les débats, surtout depuis que la bande de Berkeley livre ses disques par palettes à travers le monde entier. Car, il existe bien encore quelques punk-rockers, souvent plus punks que rockeurs d’ailleurs, prêts à balancer leurs canettes vides sur le groupe de Tim Armstrong. La raison? Rancid est devenu en quelques années une grosse machine de guerre du genre, dont le talent a su conquérir un large public au-delà de toutes frontières. Voilà un traitement des plus injustes quand on prend le temps d’y regarder en arrière. Seule ombre au tableau si on peut dire, un rapprochement avec une major sur leur dernier album « Indestructible« , éphémère de surcroît puisque le nouveau annoncé pour cette année marquera un retour dans le giron d’Epitaph

Mis à part ça, rien, ou seulement une ligne de conduite musicale qui n’aura jamais vraiment changé, un respect sans borne pour ses fans, des side projects parfois risqués, la création du label Hellcat qui aura permis de sortir les disques de quelques formations qui, sans lui, seraient restées définitivement méconnues. D’autant plus que, pour certaines d’entre elles, on frôle très souvent le plagiat. Incontestablement, en 2008, Rancid reste le seul maître à bord. Et pour se mettre en jambe avant un nouvel opus qui ne manquera pas de le confirmer, le combo sort en ce début d’année, et dans une grande discrétion, une large compilation alignant, comme son titre l’indique, des morceaux issus de maxis, compilations, mais aussi des inédits comme pour donner à ce disque tout l’intérêt qu’il mérite

A moins que vous soyez du genre à partir à la pêche aux titres rares sur la toile, peu de chance que vous ayez déjà entendu cette vingtaine de morceaux résumant à eux seuls toutes les influences des californiens. « B Sides And C Sides » donne évidemment dans le punk pur et dur avec « Ben Zanotto » (présent sur la version vinyle de « Rancid 2000« ), « Stranded » et « Killing Zone » (« Fall Back Down Ep »), « Blast Em » (« Time Bomb Ep »), « Just a Feeling » (« Radio Ep »), « That’s Entertainment » (« Ruby Soho Ep »), et les excellents « Tattoo » (de la bof « The Show ») et « The Brothels » (« Give Em The Boot #1 »); mais aussi dans le ska hérité d’Operation Ivy comme sur « I Wanna Riot » (premier volume de la série « PunkORama »), « Stop », « Brixton » (paru sur une référence du label Kill Rock Stars), et le reggae punk bien cradingue (« Things To Come » du Ep « Bloodcloot »)

Et ces inédits alors? Héhé, loin d’être du ramassis de sciure de manche, croyez-nous. « Empros Lap Dog » illustre la complémentarité des chants de Tim Armstrong et Lars Frederiksen tout comme le talent de bassiste de Matt Freeman (également bluffant sur « Kill The Lights », « White Knuckle Ride », et l’instrumental « 100 Years »), « Devils Dance » n’a sûrement aucun équivalent rockabilly dans la discographie du groupe, et le street punk accrocheur de « Clockwork Orange » aurait largement mérité sa place sur un des albums. Bon, ok, ça fait beaucoup d’infos d’un coup, on vous l’accorde. Mais il fallait bien cela pour souligner tout le caractère incontournable de ce disque qui demandera un certain effort de votre part pour qu’il rejoigne votre discothèque. Car « B Sides & C Sides » ne sera certainement pas disponible dans la plupart des magasins, à la différence de ce site.

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