Radio Citizen – « Berlin Serengeti »

Berlin Serengeti[Album]
13/09/2006
(Ubiquity/La Baleine)

De Radio Citizen, vous connaissez sans doute « The Hop », single quasi-parfait martelé sur les ondes de Radio Nova, décidément très forte pour dégotter ce genre d’amuse-gueules… Mais ce morceau, tout efficace qu’il soit, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt, car l’album entier abrite quelques splendeurs qu’on ne peut décemment ignorer

Radio Citizen, c’est essentiellement le poly-instrumentiste allemand Niko Schabel (des Poets Of Rhythm) et quelques potes de passage qui viennent poser un instrument de ci de là. Et c’est aussi un peu la chanteuse apatride Bajka, présente sur 6 des 16 compositions que comporte cet album, dont vous avez déjà pu entendre le joli brin de voix sur le dernier disque de Bonobo. Bajka n’est d’ailleurs pas le seul point commun que partage l’Allemand et l’Anglais..

Sorti sur Ubiquity (label de San Francisco dont le catalogue suffit à imposer le plus grand respect), ce « Berlin Serengeti » s’inspire lui aussi d’une certaine vision du jazz, revisité par des machines, sans pour autant perdre son âme… De ce point de vue, Radio Citizen peut donc prétendre à des liens de parenté avec les premiers Bonobo ou The Cinematic Orchestra (« Mondlicht », « Black Forrest »…), voire The Herbaliser (« Night Part II », « The Prophets »…) ou Ralph Myers & The Jack Herren Band (« Birds ») quand il est d’humeur plus funky

Mais ça ne serait pas rendre justice au travail de ce fan de John Coltrane que de le limiter à ces simples comparaisons, quoique flatteuses. Car le spectre musical de Radio Citizen englobe aussi le dub afro-cubanisé (« El Cielo »), la soul’n’bass (« Championsound ») ou le latin jazz futuriste (« Density »). Vous l’aurez compris, Niko Schabel aime piocher des influences dans sa discothèque, qu’on imagine impressionnante, et tenter ensuite des unions improbables quand elles ne sont pas à première vue contre-nature. Et pourtant, on est très loin des métissages forcés qui n’ont plus rien de naturel, ni de mélodique. Schabel et sa bande trouvent même souvent l’équilibre parfait pour ne pas perdre l’auditeur, sans pour autant lui donner l’impression d’être en terrain balisé (« Nightingale » et ses percussions de nulle part qui accompagnent superbement la narration imperturbable de Bajka…). Bref, les moments forts de ce « Berlin Serengeti » sont nombreux, et devraient lui permettre de revenir hanter vos platines plus souvent qu’à son tour. Le destin des grands disques

En écoute

1. The Hop     
(extrait)
2. Mondlicht     
(extrait)
3. El Cielo     
(extrait)
4. Birds     
(extrait)
5. Championsound     
(extrait)

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