R.A. The Rugged Man – « Legends Never Die »

ra180Album
(Nature Sounds)
30/04/2013
Hip hop

Depuis qu’on a croisé son flow totalement atypique pour la première fois durant les années 90 sur quelques productions Rawkus, les compilations SoundBombing notamment, on n’a cessé de vouloir régulièrement s’abreuver du hip hop cher à R.A. The Rugged Man. Un mauvais choix puisque rares sont les acteurs du genre à se montrer si peu prolifiques. La preuve: ce « Legends Never Die » n’est autre qu’un deuxième album que l’on aura attendu durant neuf ans. Un laps de temps que la compilation « Legendary Classics Vol.1 » parue il y a quatre ans n’aura même pas réussi à relativiser.

Majoritairement produite par Buckwild, Apathy, Marco Polo et Mr Green, cette nouvelle salve semble avoir appris des défauts de production du passé, et frappe décidément très fort sur le papier grâce aux featurings – vétérans pour la plupart – qu’elle aligne également, de Talib Kweli à Sadat X, en passant par Masta Ace et Brother Ali. Et ce qui n’est souvent qu’un leurre se révèle très vite être la cerise sur le succulent gâteau qu’est « Legends Never Die », de loin ce que R.A. The Rugged Man a fait de mieux depuis qu’il est en âge de tenir un micro.

Imperméable aux modes, débarrassé de tout vernis superficiel, à peine remis en cause par quelques guimauves (« Legends Never Die », « Still Get Through The Day » feat Eamon), le Mc ne fait ici qu’honorer valeurs et basiques du golden age, quand le hip hop était une culture avant d’être une attitude (« Tom Thum »). C’est donc logiquement que l’album se laisse porter par une agréable authenticité, marie une science aiguisée du bon sample (« The People’s Champ », « Media Midget ») avec une certaine dextérité du flow, impressionnante en certaines occasions (« Definition of a Rap Flow » feat Amalie Bruun, « Bang Boogie »).

Alors, quand il fusionne tous ses meilleurs atouts, « Legends Never Die » fait preuve d’une redoutable efficacité (« Holla Loo Yuh » feat Tech N9ne & Krizz Kaliko), atteint même la perfection quand il va jusqu’à se rapprocher ou renouer avec l’ère Rawkus. C’est le cas sur « Learn Truth » ou Talib Kweli, au mieux de sa forme, contribue à en faire un des titres les plus convaincants du cru, tout comme sur « The Dangerous Three » porté par les contributions de Masta Ace et Brother Ali, et « Sam Peckinpah » feat Sadat X et Vinnie Paz. Trois raisons de revenir régulièrement sur un opus qui pourrait tourner longtemps sur la platine. Ca tombe bien, le bougre serait capable de nous faire encore attendre dix ans.

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