Queens Of The Stone Age – « Era Vulgaris »

Era Vulgaris[Album]
11/06/2007
(Interscope/Universal)

La période post « Songs For The Deaf » n’aura pas été facile pour les Queens Of The Stone Age. D’une, parce qu’ils venaient de pondre le disque qui allait définitivement les faire connaître auprès du grand public; et de deux, puisqu’ils ont vu partir la garantie Nick Oliveiri, leur charismatique bassiste. C’est dans ce contexte qu’est arrivé « Lullabies To Paralyze« , leur quatrième disque un brin psychédélique qui tranchait radicalement de leur best seller. Il aura donc fallu à son public quelques écoutes répétées pour qu’il daigne laisser apparaître ses richesses. À coup sûr, cela en aura calmé plus d’un.

Du coup, l’attente est accompagnée d’une certaine angoisse à l’annonce de la sortie de ce « Era Vulgaris », qui aura au moins le mérite de souligner une certaine constance dans la médiocrité des pochettes du groupe. Au moins. Car à l’écoute de cette nouvelle livraison, on retrouve Josh Homme et ses fidèles Troy Van Leeuwen et Joey Castillo une nouvelle fois difficilement décelables dans un premier temps, mais qui opèrent un retour vers des compositions plus rock, à la fois douces et vénéneuses. Peut-être parce que le quintet n’a désormais plus qu’à penser à sa musique et non plus à ses soucis internes. C’est donc libéré qu’il maltraite cette fois un peu plus les guitares, qu’il laissera volontiers ressurgir quelques influences blues, et ambiances déjà entendues aux Desert Sessions (le sublime et popisant « Make It With Chu » réenregistré pour l’occasion)

Première écoute mitigée, l’album paraît assez plat, sans véritable titre venant surclasser le reste du tracklisting. Puis, tout apparaît comme évident une fois ce « Era Vulgaris » un peu mieux digéré. Car les Queens Of The Stone Age ne balancent pas leurs plus belles trouvailles tout de suite, font monter progressivement la sauce avec, d’abord, quelques morceaux assez linéaires, légers (« Turnin’ On The Screw », l’accrocheur « I’m Designer », « Into The Hollow ») ou beaucoup plus rock n’roll, jusqu’à subitement prendre de l’envergure grâce à quelques gros riffs efficaces (« Sick Sick Sick » avec Julian Casablancas des Strokes) histoire de se refaire à ce son de six cordes baveuses à souhait

Ce n’est donc vraiment qu’à l’entame de « Misfit Love », s’offrant une grosse minute avant qu’on y entende Josh Homme donner de la voix, que « Era Vulgaris » semble rentrer dans le vif du sujet. On renoue alors avec ces ambiances atypiques chères au groupe, tendues et pesantes, parfois plus heavy (« Battery Acid »), ou tout simplement plus rock comme le parfait « 3’s & 7’s » (qui justifie haut la main son statut de single), le final « Run Pig Run » et le bonus « The Fun Machine Took a S**! & Died », capables de rivaliser malgré une approche plus tordue et imprévisible

Les Queens Of The Stone Age ont donc incontestablement remonté une bonne partie de la pente. Vite lassants sur « Lullabies To Paralyze », les cinq lascars transpirent ici une assurance retrouvée qui place ce « Era Vulgaris » plus près de « Songs For The Deaf » que de ce dernier. Mais on n’y est pas encore. Bien que très réussi, ce disque ne nous enlèvera pas de la tête que les Queens Of The Stone Age sont de ces groupes condamnés à éternellement courir après leur glorieux passé. C’est vrai, Dave Grohl n’ayant été là qu’un temps, et Nick Oliveiri parti, on demande peut-être la lune. On se contentera donc finalement aisément que du presque, ce qui est déjà beaucoup quand cela vient d’un tel pilier du rock contemporain

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