Prodigy – « Invaders Must Die »

Invaders Must Die[Album]
23/02/2009
(Cooking Vinyl/Pias)

Comme beaucoup de groupes cultes, Prodigy ne cesse de courir après un passé synonyme de succès. C’était déjà le cas en 2004 avec le flop « Always Outnumbered, Never Outgunned », plus appliqué à afficher de belles contributions externes (Oasis, Kool Keith, Juliette Lewis…) qu’à refléter un vrai travail collectif de composition, alors uniquement attribué à Liam Howlett. Cinq ans plus tard, les choses ont changé: grâce à Justice, les guitares ont définitivement gagné leur place dans le coeur du public electro, faisant de Prodigy, et malgré une rude concurrence, un groupe définitivement dans l’air du temps. Un contexte que les trois Anglais n’avaient plus qu’à tourner à leur avantage

Howlett, Flint et Maxim ont donc retenu les leçons du passé, sans réitérer les mêmes erreurs, et en conservant ce même fil rouge qui les fait tenir depuis dix huit ans maintenant. Car, si beaucoup à leur place auraient joué la carte de l’opportunisme, eux n’ont rien calculé, restant fidèles à ce qu’ils savent faire de mieux. « Invaders Must Die » n’apprendra donc rien de plus que ses prédécesseurs, laissant seulement parler son énergie, débordante malgré le poids des années, ses mélodies faciles, son rock décapent, et son attitude farouchement punk. Plus d’invité au chant pour dissimuler un réel manque d’inspiration musicale, une entente retrouvée permettant un vrai travail collectif… Ce nouvel album avait tout pour frapper sa cible

C’était sans compter sur un défaut malheureusement trop récurrent dans la musique actuelle: une inégalité qui atténue systématiquement les moments forts d’un album. C’est dans ce cas précis que « Invaders Must Die » vise dans le mille. Car, face aux insignifiants « Take Me To The Hospital » et « Run With The Wolves » (malgré la contribution rythmique de Dave Grohl), les relents EuroDance et indigestes de « Warrior’s Dance », les inutiles « Omen Reprise » et « Piranha », Prodigy se devait de sortir ses meilleurs armes pour contrebalancer le ventre mou et passable de son nouvel album

Et ce n’est pas faute d’avoir tenté. Car au final, cette nouvelle livraison sur le propre label du groupe pourra se vanter d’avoir fait se côtoyer le meilleur et le pire de ce dont Prodigy est capable en 2009. En effet, une fois la lie recrachée, c’est avec un réel enthousiasme qu’on se délecte de l’énergie d’un « Invaders Must Die » déjà largement distribué sur internet, de la force de frappe et des mélodies du single « Omen » et « Colours », comme du refrain indélébile de « Thunder ». Soit quatre titres, en comptant bien, qui font tout l’intérêt d’un nouvel album servant à son public une soupe dont il connaît déjà le goût

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