Principles Of Geometry – « Lazare »

Lazare[Album]
05/11/2007
(Tigersushi/Discograph)

C’est en 2005 que Principles Of Geometry a commencé à se faire connaître, en sortant notamment un mini album compilant ses premiers essais. Rien qui, à l’époque, avait défrayé la chronique et propulsé ces deux Lillois parmi la génération montante de l’électronique française. En 2007, les choses ont quelque peu changé, le duo a perfectionné sa maîtrise obsessionnelle des synthés analogiques, tournant le dos à un tsunami dancefloor qui, par définition, ne pourrait faire des ravages que de manière très éphémère. Principles Of Geometry a préféré ici accoucher d’une oeuvre qui ne se dévoile pas à la première écoute, qui gagne en richesse autant de fois qu’on y revient, faisant apparaître à chaque fois quelques-unes de ses richesses cachées, que même l’oreille subtile n’aurait pas encore remarqué

Ici, point de pied euphorisant, plutôt un bel étalage de mélancolie poussé au large par quelques mélodies synthétiques, comme bourratives au premier abord, pour finalement ne servir que de fil rouge à une palette musicale assez large. Et ça colle. Car passée l’intro quelque peu rebutante et autres interludes sans intérêt si ce n’est celui de renforcer la cohérence de ce disque (« Colfax », « Debra »), Principle Of Geometry, souvent à mi chemin entre le repos de Boards Of Canada et la complexité d’un Jackson, se montre capable de lancer ses instruments fétiches au milieu d’un pogo (« Titan »), de les proposer à un hip hop des plus avant gardistes (« Napoleon » feat Vast Aire de Cannibal Ox, « Ninehundredandeightyeight » feat Hangar 18), de les faire se frotter à quelques rythmiques triturées (« Golem »), ou de les rendre totalement introvertis et planants (« Shaber Hill », « Charles & Ray », « Akeshore »). Une approche sans oeillère qui aura même séduit Sébastien Tellier, invité au chant sur « A Mountain For President », premier maxi à la couleur disco futuriste qu’on retrouve également sur le tout aussi réussi « Interstate Highway System »

Il faudra pourtant aller jusqu’à la fin de ce « Lazare » pour juger de toute son ampleur, puisque ses derniers titres moins rythmés (hormis « Prophet » emmené par des riffs de guitare cinglants) s’inscrivent plutôt dans une ambiance cinématographique aussi oppressante que mélancolique que les premiers morceaux ne laissaient pas forcément présager (« Corvo Sulla Citta », « Letom Redrum », « Messiah »). Et pour cause, Principles Of Geometry ne semble s’être donné comme limite que celles de ses instruments. Ainsi, les deux ch’tis n’en sortent que plus grands. Et en ne se servant que de l’émotion comme rampe pour ne pas trébucher, ils en deviennent une entité electro française qu’on n’aurait pu soupçonner. « Lazare », un disque qui dure encore plus longtemps…longtemps…longtemps…longtemps..

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