Principles Of Geometry – « Burn The Land & Boil The Ocean »

prin180Album
(Tigersushi)
30/04/2012
Electro

Dans un monde électronique qui avance plus vite que son ombre, mieux vaut rester dans les roues du peloton pour ne pas se faire définitivement distancer. Déjà discret à l’origine, on ne peut qu’en vouloir au duo Principles of Geometry de nous avoir fait attendre cinq ans pour enfanter d’un petit frère à l’excellent « Lazare« . Une éternité qui, malgré la sortie d’un petit Ep en 2008, aurait pu le relayer définitivement aux oubliettes si nous n’étions pas restés sur les perles synthétiques que furent « Titan » ou « Golem », alimentant sans cesse notre impatience durant cette si longue absence. Pourtant, malgré un début plutôt potable incarné par « Ize », nous voilà forcés d’avouer que le spectacle qui s’offre cette fois à nous n’est malheureusement pas à la hauteur de l’enthousiasme ressenti à l’annonce de sa sortie. En effet, non loin des ambiances sombres de la B.O. de « Drive » signée Cliff Martinez,  « Burn The Land & Boil The Oceans » n’est finalement qu’un retour en demi-teinte qui pourrait trouver toute sa place dans une salle de cinéma si on superposait aux images des morceaux qui, seuls, sonnent relativement creux (« Carbon Cowboy », l’electro-tek loupé « Moloch », le bancal « Mongrel »). Signe d’une certaine continuité, les lillois jouent une nouvelle fois la carte du mariage nudité/nature sur leur pochette, font ainsi valoir leur marque de fabrique visuelle à défaut d’utiliser tout leur potentiel musical pour frapper un grand coup, même si quelques pistes parviennent in extremis à offrir quelques réjouissances: la lente chevauchée mélodique « Dam Aicoab », le progressif « Ism », le robotique « Americhael », et « Deerhunt » où ils tentent de réitérer la recette organique de leur morceau-phare « A Mountain For President », en version rappée. Derrière ce titre épique aux allures de fin du monde cauchemardesque, on aurait pu s’attendre à la bande-son d’une apocalypse annoncée. Mais la déferlante IDM attendue laisse place à des mélodies sci-fi déjà vieillies après un passage, des arrangements trop fades et minimaux pour prendre aux tripes. Sombre et contemplatif certes, mais n’est pas John Carpenter qui veut…

itunes20

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