Prince Fatty – « Survival Of The Fattest »

Survival Of The Fattest[Album]
10/09/2007
(Because/Wagram)

Quinze ans déjà que Mike Pelanconi offre ses services de producteur et d’ingé son à des artistes et labels venus de divers horizons, de la nouvelle star pop-electro Lily Allen (qui peut dire merci à Mike d’avoir produit son célèbre single « Smile ») au jeune franco-britannique Barth et à son univers déjanté mêlant reggae, pop et folk, en passant par les labels Acid Jazz Records et Delicious Vinyl. Il était donc temps que cet acharné des consoles de mix sorte définitivement de l’ombre avec un album solo bien mérité..

C’est aujourd’hui chose faite avec la sortie de « Survival Of The Fattest », à l’occasion de laquelle Mike Pelanconi s’est transformé en Prince Fatty. Pas évident de deviner a priori ce que contient ce nouvel opus, surtout quand on connaît le parcours du bonhomme qui a flirté avec un nombre incroyable d’univers musicaux, collaborant avec des artistes aussi différents que Graham Coxon de Blur, Gregory Issacs, The Pharcyde ou encore Adrian Sherwood… Il suffit néanmoins de jeter un bref coup d’oeil au tracklisting et à la pochette de « Survival Of The Fattest » pour comprendre que Prince Fatty a produit son premier album solo aux couleurs de la Jamaïque, entouré de grands noms du genre comme le batteur Style Scott des Roots Radics, le singjay Little Roy ou le crooner mythique Winston Francis

Et autant dire qu’une fois de plus, le producteur de Brighton a frappé fort. Comme son nom l’indique si bien, « Survival Of The Fattest » réactualise un son que l’on croyait perdu à jamais dans les abîmes du temps, qu’il s’agisse du rocksteady ou du rub-a-dub des seventies glorifié par King Tubby et ses acolytes U-Roy, I-Roy et Big Youth. Les titres « Curious » featuring Little Roy, « The Fat Panther », ou « Big Man Cry » featuring Winston Francis, avec leurs chaudes sonorités résolument « yardies », l’illustrent à merveille. Tout au long de l’opus les cuivres sont mis à l’honneur, vagabondant joyeusement vers le jazz, le funk et l’afro-beat, comme dans « Mr Freeze », « Switch Blade » ou dans un « Scorpio » du plus bel effet dans lequel on retrouve le saxophoniste Bukky Leo, formé chez Tony Allen et Fela Kuti. Mais si on ne devait retenir qu’un titre de ce délicieux « Survival Of The Fattest », celui-ci serait sans conteste « Milk & Honey », enregistré avec Hollie Cook, fille du batteur des Sex Pistols, dont la voix douce enchante et apaise sur un riddim qui ressuscite le grain si précieux du roots originel

Au final, ce nouvel opus de Prince Fatty, truffé de titres on ne peut plus réjouissants, nous abreuve d’ondes positives et joviales, dévoilant une richesse toujours plus grande à chaque écoute. Dans cet exercice délicat consistant à moderniser le son quasi sacré du early-reggae, Prince Fatty tire magistralement son épingle du jeu, là où tant d’autres se sont franchement cassés les dents. Sûrement est-ce parce qu’au-delà du reggae, Mike Pelanconi distille dans cette galette solo toute sa passion pour la musique, mais aussi sa longue expérience de producteur prônant la collision des genres. Ainsi, s’il ne fait aucun doute que ce « Survival Of The Fattest » fera sauter au plafond tous les éternels nostalgiques de Studio One et Channel One, fort est à parier que cet opus, par l’harmonie et la limpidité qu’il dégage, parviendra à séduire certains réfractaires pour lesquels le reggae n’est qu’un nuage sonore insipide et lassant..

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