Pony Pony Run Run – « You Need Pony Pony Run Run »

pony180Album
(3eme Bureau)
08/06/2009

Actifs depuis quelques années et après une demi-poignée de démos, Pony Pony Run Run voit enfin le bout du tunnel, soit la reconnaissance tardive d’un label qui veuille bien lui laisser sa chance. L’attente fut donc longue, mais pas vaine pour ces quatre Nantais jadis facilement apparentés au courant émo (Get Up Kids et consorts) en raison de la forte présence de synthés et de guitares aussi fat que grassouillettes. Depuis, le groupe a tranquillement suivi son chemin, sans autre considération que de composer une musique qui lui plaise, en cherchant la chanson parfaite, et en envoyant systématiquement bouler tous les a priori typiquement français qui auraient pu lui mettre des bâtons dans les roues. Du coup, Pony Pony Run Run, à défaut de totalement les dépayser, pourrait bien surprendre les quatre ou cinq rockeurs boutonneux à avoir connu ses débuts. Le power d’antan a, en effet, peu à peu laissé la place à un rock dansant et eighties s’inscrivant pleinement dans l’air du temps, mais son sens ultra aiguisé de la mélodie s’inscrit toujours comme le solide fil conducteur de sa courte et encore confidentielle discographie. « You Need Pony Pony Run Run », premier album, changera certainement la donne, bien qu’il doive s’attendre à quelques critiques: facile, opportuniste, formaté seront sans doute les plus récurrentes, et on pourra difficilement les contredire. Pourtant, si l’on se plait à généralement conspuer ce genre d’approche, Pony Pony Run Run, alors prisonnier dans un coin du ring, se sauve des cordes grâce à cette facilité déconcertante à pondre des tubes qui lui confèrent un solide capital sympathie. Et les exemples sont multiples: « Out Of Control », « Walking On a Line », l’imparable « Hey You », « Future Of a Nation », « First Date Mullet », « 1997 » et « Girl I Know » sont autant de pépites capables d’aller détrôner le pouvoir festif de Calvin Harris, ou rassembler au sein d’une même fête adolescente les inconditionnels de Weezer et Corona. Pas la bière, plutôt cet exécrable groupe dance qui a fait le bonheur des campings pendant les années 90. Là encore, Pony Pony Run Run est assez malin pour s’en tirer, en assumant pleinement toutes ces influences que beaucoup auraient précautionneusement caché. Lui s’en fout, et parvient à faire mouche. Reste à savoir pour combien de temps, car si ce premier album est d’une efficacité rarement atteinte, il reste définitivement ancré dans un registre sur le déclin.

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