Pond – ‘Tasmania’

Pond – ‘Tasmania’

Album / Marathon Artists / 01.03.2019
Pop psyché


Tasmania est déjà le huitième album studio du collectif australien mené par l’excentrique et insaisissable Nick Allbrook. Une nouvelle fois co-produit par Kevin Parker (Tame Impala), ce nouvel opus se place dans la droite lignée de son prédécesseur en usant de tous les principaux ingrédients ayant contribué à son succès.

A la première écoute, on retrouve en effet avec le même plaisir ces nappes de synthétiseurs aux sonorités 80’s toujours plus aériens portées par l’imperturbable Jay Watson, comme tous les artifices de studio amenés par Parker et contribuant à créer l’atmosphère rétro-futuriste caractérisant l’identité musicale de Pond depuis The Weather. Alternance batterie électronique/batterie acoustique, utilisation intelligente et précautionneuse du vocoder, autant de détails à première vue anodins mais qui se révèlent vite d’une importance cruciale au vu de la profondeur et du relief qu’ils apportent à l’ensemble du corpus. L’entame Daisy en est sans doute l’exemple le plus représentatif, et constitue à elle seule une introduction des plus judicieuses au reste de l’album.

Un autre des éléments faisant écho à The Weather réside également dans son écriture. Si dans ce dernier, Allbrook semblait parfois un peu s’appesantir sur le malaise et le sentiment de déréalisation caractérisant le fait de se sentir comme un étranger dans une ville qui nous a vu grandir (en l’occurrence Perth), Tasmania prend du recul dans les questions qu’il soulève et dénote une certaine maturité dans les problématiques qu’il interroge. Ecologie (Tasmania) ou désastres humains causés par les flux migratoires actuels (Hand Mouth Dancer) sont autant de thèmes qui, s’ils ne sont que mentionnés, ont le mérite de renforcer le sérieux d’un collectif souvent considéré à tort comme anarchique.

De manière générale, cet album se veut d’une qualité indéniable et est quasiment en tout point comparable à son prédécesseur. Les lignes de basse très groovy déployées sur Tasmania et bercées par le chant toujours très singulier d’Allbrook contribuent à créer une atmosphère colorée et dansante qui englobe la quasi totalité de l’album. De la même manière, Sixteen Days constitue un véritable concentré de ce que le collectif nous a donné à écouter de meilleur au cours de ces trois dernières années. Si certains morceaux comme Shame ou Doctor’s In contrastent un peu avec l’ambiance globale, Tasmania marque ce début d’année 2019 comme étant l’album qui vous donnera envie de ranger les doudounes au placard pour sortir vos plus beaux atours printaniers. Si la fraîcheur et la luminosité qu’il apporte contrastent avec la noirceur et l’ironie des thématiques qui y sont abordées, il ne fait nul doute que celui-ci vous donnera envie de vous laisser porter par un vent nouveau, et de danser, jusqu’au lever du jour, en laissant tout le reste derrière vous. Sans conteste l’une des plus belles pépites du groupe à ce jour.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Daisy, Sixteen Days, Tasmania, Burt Out Star


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