Polonium – ‘Seraphim’

Album / Controlled Burn / 08.04.2016
Noise métal

Avant de sévir au sein de The Austerity Program, les indissociables Justin Foley et Thad Calabrese développaient sans pression, avec une vigueur rare, et sous le nom de Polonium, un rock évoluant entre noise et métal des plus fulgurants. Plus de deux décennies plus tard, les deux décident de replonger dans leur passé tumultueux, réenregistrent un panel de titres issus de leur jeune période enragée pour qu’enfin ‘Seraphim’ puisse être écouté par tous.

Il apparait toutefois difficile de faire la différence entre Polonium et The Austerity Program. Et pour cause, la production comme la méthode de composition sont strictement identiques. Hachurées, en lignes droites ou plus minimalistes, basse et guitare se donnent la réplique dans un enchevêtrement de programmations rythmiques, proches par instants d’une symphonie de marteaux piqueurs. Le ton est direct, et l’engagement du binôme total. Radical et hypnotique, le chant se promène avec brio entre passages scandés et élévations plus aériennes.

Dans ce mur du son maitrisé et admirablement massif, on retrouve les sensations métalliques d’un Shellac comme les élans chers à Amphétamine Reptile Records au milieu des 90’s. Les morceaux s’enchainent dans un bourdonnement permanent, les répétitions autant que les variations cadencent des humeurs fracassantes. ‘Bastard’, ‘Paleface’, ‘Kids On Top’ ou le furieux ‘Homesteader’ martèlent nos organes de toute leur puissance. Le plus modéré ‘Kitchen’, les instrumentaux ‘Mean’ et ‘Angry’, le mid tempo ‘Nebbish’ ne sont pas en reste, fidèles eux aussi à ce mélange noise-métal aussi direct qu’efficace. Quant à ‘Bali Hai’, il conclut de manière classieuse un disque aussi brutal que jouissif.

En replongeant dans leur passé, Foley et Calabrese nous offrent donc un disque intemporel. Amoureux de double grosse caisse autant que de riffs charpentés et répétitifs, ils réconcilient avec ‘Seraphim’ les aficionados du métal lourd et les fans de Steve Albini, dans un enchainement de titres destructeurs. A noter : Polonium est bel et bien mort et les New Yorkais n’iront pas défendre cet album sur scène, préférant brouiller les pistes et se concentrer en électrons libres sur The Austerity Program, quand l’envie les démange. Mais comme les deux projets possèdent la même A.D.N., nous n’y verrons presque pas de différence.

‘Kitchen’, ‘Nebbish’, ‘Bali Hai’

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