Polock – « Getting Down From The Trees »

polock180Album
(Mushroom Pillow)
04/2010
Indie pop

Polock, c’est l’histoire classique d’une bande de potes réunis par une passion commune pour la musique, ou chacun bidouille un peu de son instrument dans son coin jusqu’à former un groupe. Agés de tout juste vingt ans, il arrivent tout droit du Sud de l’Europe avec des influences déjà bien digérées, et des bagages chargés de bonnes références scéniques, parmi lesquelles une participation au Primavera Sound de Barcelone, et rien de moins qu’une première partie de Franz Ferdinand retransmise en direct à la télé à l’occasion d’un MTV Winter… On a vu pire pour commencer. Deux ans plus tard, et après un premier EP 5 titres éponyme annonciateur, les cinq espagnols descendent de leurs arbres après un enregistrement de deux mois à Berlin, et ouvrent le bal pop de ce printemps avec « Getting Down From The Trees ».

Sans perdre une seconde, Polock met tout de suite l’auditeur dans l’ambiance avec l’entêtant et surprenant “Defendless”, un premier titre aux accords flottants, majoritairement instrumental, très représentatif de son petit monde, et qu’on aurait plus volontiers imaginé clôturer l’album. Mais cette atmosphère dans laquelle le groupe vient de nous installer est pourtant remise en question dès « Faster Love », l’un des hits évidents de ce premier disque, et nouvelle version d’une chanson déjà présente sur leur premier EP, aujourd’hui mieux jouée, mieux chantée. Autre single officiel: le frais “Fireworks” à l’écoute duquel on pense souvent à Phoenix et sa facilité pour la pop souriante et dansante. Pour preuve, chaque fois que tourne le morceau, l’intro-riff-refrain devient de plus en plus indispensable et efficace.

Au cours des 10 titres de “Getting Down From The Trees”, on apprend donc à connaitre de jeunes musiciens qui ont déjà beaucoup évolué, mais qui sont encore avides de prouver dès les prochains mois ce qu’ils ont sous la semelle. Tout du moins en Espagne, où leur réputation grandit à vitesse grand V, et ou la sortie de ce premier album est ni plus ni moins qu’un petit évènement. Alors, on n’est pas loin de penser que le rock ibérique, souvent à la traine quand il s’agit d’emprunter la langue de Shakespeare et les chemins anglo-saxons de la musique, tient peut-être là l’une de ses futures références pop. Selon Saint Mathieu, on juge les arbres à leurs fruits: ceux-ci sont jeunes mais déjà bien matures.

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