Pneu – « Pince Monseigneur »

Pince Monseigneur[Album]
01/04/2008
(Head Records/Autoproduit)

PNEU n’est pas un suceur de roue, pas un de ces groupes ayant trouvé dans la musique une motivation pour gagner beaucoup d’argent, passer à la télévision, et faire la bise à Nagui. Car, selon la légende, c’est dans l’urgence qu’est né ce duo dont les deux musiciens faisaient partie d’une association organisatrice de concert, en manque d’une première partie qu’ils ont donc décidé d’assurer eux-mêmes. Une démarche plutôt couillue qui aurait pu leur valoir quelques quolibets mais qui, au contraire, aura fait de ce Projet à Nature Ephémère et Urgente (soit PNEU) une aventure plus longue que prévue. En sortira d’ailleurs une première démo en 2007, « Pince Crocodile », bien utile pour recharger les batteries que les deux énergumènes se seront appliqués à vider en ouverture de Envy ou NoMeansNo, comme en traversant l’Angleterre et la France, offrant ses prestations au milieu du public, sans sonorisation. Il faut dire que PNEU crisse bien assez fort, et le prouve une nouvelle fois cette année avec « Pince Monseigneur », un premier album de dix titres pliés en à peine vingt cinq minutes. Et oui, nul besoin de passer par quatre chemins quand il ne vous faut pas plus de 160 secondes en moyenne pour braquer vos tympans, et leur insuffler une bonne dose de math rock privilégiant l’efficacité à la complexité, comme une excellente maîtrise des instruments, complémentaires de surcroît. Ainsi, ce premier opus totalement instrumental s’éloigne des équations mathématiques à moult inconnus, et parvient sans mal à résoudre ses problèmes à coups de batterie et guitare généreuses, adeptes des changements de rythme souvent imprévisibles. Le « Plongée En A » d’ouverture, ou « Tailleur » plus tard, font office d’excellentes démonstrations, de bonnes mises en bouche, avant de belles débauches d’énergie cartésiennes (« Matophore », « Neige ») et quelques déferlantes de riffs placés au millimètre (« Avant Gauche », « Deux Brouettes »). Habité d’un esprit DIY qui s’étend jusque dans les pochettes cousues main (disponibles sur les concerts), PNEU rejoint la petite famille des Gatechien et consorts qui ne semble avoir comme seule préoccupation que de faire le plus de bruit possible, partout, et en rythme. Et accessoirement de laisser des traces… Une dernière roucasserie débile qui sonne définitivement l’heure de vous ruer sur ce disque

Ecoutez un extrait ici.

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