Plaisir – « Training Day »

plaisir180Ep
(Autoproduit)
24/09/2011
Post hardcore noise

En optant pour un tel nom, Plaisir ne pouvait pas cacher plus longtemps la seule chose qui l’anime quand il est question de prendre les instruments. Les armes pourrait-on même dire, tant le trio se jette sans compter, avec le mors aux dents, dans ce premier Ep dont le but avoué est de faire remonter à la surface l’indie rock sans concession des années 90, au delà de simplement sonner officiellement la naissance du groupe. Biberonnés aux Condense et Portobello Bones alors que la plupart d’entre eux voyaient déjà leur adolescence dans le rétroviseur, les trois – dont deux ex-Powell – alignent donc là un bloc plutôt compact de six titres interprétés le cul entre deux chaises – celles du punk et de la noise – bien placées sur un espace temps délimité par Helmet et Lack. Autant d’influences qu’on retrouve tout au long de ce « Training Day » ou l’auditeur esquive sans cesse uppercuts et effusions de sang, assenés avec plus ou moins de délicatesse et d’inspiration selon les titres: un sort plutôt logique pour un premier Ep qui, s’il souffre parfois de lourdeurs et d’un manque de souplesse (« A.B.P. », ‘Who’s Next? » dont la fin rappelle même la période crossover d’Urban Dance Squad), exploite aussi quelques idées justifiant pleinement la démarche de ses géniteurs dont le potentiel se reflète clairement dès l’entame « Body » comme plus tard sur « Smile », deux preuves évidentes de l’osmose qui règne entre une section rythmique en béton et un guitariste-chanteur jonglant le plus souvent entre urgence et dissonances. Mais, comme sur tout chantier inachevé, et pour rendre sa musique plus digeste, le combo doit désormais s’atteler aux finitions, saupoudrer son répertoire d’un groove essentiel, et l’arroser d’un zest de mélodie seulement entrevu ici sur la fin. Alors seulement, de Plaisir à l’orgasme, il n’y aura plus qu’un pas…

En écoute


À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire