PJ Harvey – « Let England Shake »

pj180Album
(Island)
14/02/2011
Indie rock

Après un « White Chalk » profondément sombre, et un « Woman A Man Walked By » poétique, PJ Harvey repose les pieds sur terre, et se retourne vers ses origines anglaises pour nous livrer des chansons à la fois personnelles et engagées. Encensé par la critique anglaise, « Let England Shake » arrive comme le messie en ce début d’année 2011. Mais l’album ne s’est pas fait attendre avec impatience sans raison: PJ Harvey a mis plusieurs mois avant de trouver la voix parfaite pour ce disque. Une voix tantôt tremblante, tantôt dansante, qui change d’une chanson à l’autre. Une voix profonde qui questionne, accuse, et clame.

L’opus tourne autour d’une thématique omniprésente: celle de la guerre. Colonisation, Première Guerre Mondiale, champs de bataille… « Let England Shake » fait trembler le sol anglais et parle sans frontière de la « Gallipoli campaign » de 1915, ou encore du peuple turc (« On Battleship Hill », « Written On The Forehead »…). Mais attention, dans un interview pour le NME, PJ Harvey précise que son album « ne porte pas seulement sur la guerre, il parle de beaucoup de choses différentes, du monde dans lequel nous vivons, et dont la guerre fait partie« . C’est donc avec un esprit plus ouvert encore qu’il faut écouter « Let England Shake », en s’appuyant non seulement sur ce côté champs de bataille, mais aussi sur ce que ça soulève: la nation (« The Glorious Land »), le combat, la fierté, l’amour d’un pays. C’est d’ailleurs dans le titre « England » que cet amour est énoncé à la terre natale de Polly: « I live and die through England« , accompagné d’une sorte de chant oriental, d’une impression de funèbre, de prière. La vision d’une Polly tragique et élégante est accentuée par une mise en scène physique: robes longues blanches ou noires, chevelure hornée de longues plumes… une Polly simple et puissante à la fois.

Ici, tout se croise et s’embrique, à tel point que le paradoxe se retrouve également dans la composition des chansons. A l’instar de « All and Everyone » ou encore « Bitter Branches », l’album balance entre rage et chant posé, avec des sons que l’on n’avait pas encore entendu jusqu’ici, comme ceux des cuivres, des voix orientales, de la parité homme/femme, ou encore des légères percussions… A noter aussi qu’on retrouve sur « Let England Shake » deux collaborateurs phares, à savoir John Parrish (bien évidemment) et Mick Harvey (ancien Bad Seed) qui se joignent à sa composition comme à sa production, et que l’on peut également retrouver sur scène. Ce nouvel album s’affiche donc comme un retour au source, et s’impose comme une des oeuvres les plus travaillées de la chanteuse. Etrange et évident à la fois, il marque le retour sur scène de PJ Harvey pour une série de concerts SOLD OUT….  Encore une fois, une évidence.

En écoute



Disponible sur
itunes7

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