Pink Martini – « Hey Eugene »

Hey Eugene[Album]
14/05/2007
(Heinz/Naive)

« Je ne veux pas travailler… ». Le refrain qui a fait le succès de Pink Martini doit aujourd’hui encore filer des boutons au hobbit qui va désormais nous gouverner… Et ce n’est pas leur troisième album qui va arranger les choses puisque le groupe de Portland nous prouve à nouveau que les cultures et les générations différentes peuvent faire bon ménage dans l’harmonie la plus soyeuse..

Comme à son habitude, le groupe emmené par China Forbes et Thomas M. Lauderdale mélange compositions originales millésimées et reprises de standards habitées, comme si le temps s’était arrêté et que passé, présent et futur se confondaient en une agréable intemporalité. Pink Martini pioche dans le mambo, le jazz retro, la bossa nova, le gospel, le cha cha cha, le New Orleans, le calypso ou toute autre musique dépaysante pour vous embarquer loin de la grisaille quotidienne

Le chant se balade ainsi de l’espagnol à l’anglais, en passant par l’arabe, le français et le japonais, et les rythmiques paresseuses renvoient à des souvenirs embrumés de champagne, de ports de plaisance et d’insouciance ensoleillée. Les disques de Pink Martini ressemblent à des bandes originales, car chaque morceau semble vouloir coller à un moment précis, parfaitement à sa place

Loin de renier cette imagerie romantique, le grand orchestre de Pink Martini se pose même en moderne successeur des Frank Sinatra, Burt Bacharach, Compay Segundo, Gene Kelly, Harry Belafonte ou Antonio Carlos Jobim

Et pour leurs détracteurs qui voudraient laisser entendre que le groupe ne sait composer que des vieilleries, China Forbes décoche un « Hey Eugene! » comme Morcheeba rêve d’en faire depuis des lustres..

Ce nouvel album est donc une longue croisière en douze escales, parfois déjà visitées (cf. le « Everywhere » de Nat King Cole, le « Tempo Perdido » de Carmen Miranda, le « Syracuse » de Henri Salvador…), qui se termine sur un sommet de sensualité quand le grand Jimmy Scott vient donner sa version de sa voix androgyne d’un « Tea For Two » délicieusement désuet

Fortement conseillé si ce n’est déjà pour éviter de trop broyer du noir dans le quinquennat à venir..

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