Pigeon John – « Dragon Slayer »

pigeon180Album
(Quannum)
12/10/2010
Hip pop

Pigeon John n’est pas le plus connu des membres qui composent le collectif Quannum. Pourtant, avec six albums à son actif, et fort de sa posture plutôt atypique, il s’est installé durablement dans le paysage hip hop. Drôle, maniant le second degré comme personne, ses choix artistiques aux antipodes des tendances font de lui un artiste unique, et « Dragon Slayer » ne déroge pas à la règle. Epaulé par General Elektriks, le MC de Los Angeles enfile le costume de producteur et donne une nouvelle orientation à sa carrière. Il ne délaisse évidemment pas le chant où son écriture enjouée reste un atout, mais y ajoute une dose d’introspection en se racontant davantage. Certains parleront sûrement de maturité artistique, lui préfère insister sur une continuité logique, le plus grand chambardement résidant dans le processus de production: en enregistrant directement les instruments et en délaissant le sampling, l’aide d’Hervé Salters s’est sans doute révélée précieuse dans ce domaine. Alors forcément, le style évolue, et c’est un album hybride qui nous est offert avec ce côté pop que le Général avait déjà su insuffler sur « Good City For Dreamers » et que l’on retrouve sur cet opus avec les claviers bondissants de « Ben Vereen » et « Buttersoft Seats », les nappes subtiles de « Davey Rockit », ou le piano de « Rock Bottom Again ». La guitare acoustique de « Before We’re Gone » est elle aussi symbolique de cette nouvelle approche musicale, encore plus évidente sur le franchement rock « Hey You ». Seuls « So Gangster » et « To Do List » semblent faire le lien avec le passé, dernières réminiscences digitales nous rappelant que PJ reste un MC officiant sur la côte ouest américaine. Premier extrait de « Dragon Slayer », « The Bomb » avait bien sûr illustré avant l’heure ce changement d’orientation. Le succès que rencontre ce titre aujourd’hui amènera certainement beaucoup plus de monde à découvrir ce californien bourré de talent. Il désarçonnera en même temps ceux qui le suivent depuis maintenant presque dix ans et son fondateur « Pigeon John Is Clueless ». Moins hip hop, plus sérieux, le changement peut sembler radical, mais correspond certainement à l’évolution naturelle d’un artiste qui est loin d’avoir dévoilé toute sa richesse.

En écoute

Disponible sur
itunes32

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