Phonte – « Charity Starts At Home »

phonte180Album
(Foreign Exchange Music)
27/09/2011
Hip hop sucré

Une synthèse. Au regard de la carrière de Phonte Coleman, c’est le mot qui nous vient à l’esprit une fois ce premier album solo terminé. Un disque ou le rappeur revient sur ses pas, se plongeant allégrement dans ses anciens groupes. Ainsi, on y retrouve mêlés la rigueur hip-hop de Little Brother, le trio qu’il formait avec Big Pooh et 9th Wonder, mais aussi la douceur plus controversée de son projet R’n’B The Foreign Exchange. Au milieu de ces références, l’album évolue le long de onze titres tiraillés par des envies diverses, faisant constamment le grand écart.

Un écart qui ne se dévoile pas d’emblée, le début de l’album étant marqué par un hip-hop classique mais robuste, représenté ici par « Dance In The Reign » ou Phonte se révèle plus hargneux que d’ordinaire. « The Good Fight » marque quant à lui la réconciliation avec 9th Wonder, des années après que le producteur ait subitement claqué la porte de Little Brother. Des retrouvailles symbolisées par une touche soulful: la production de velours sur « The Life of Kings » en est la plus jolie preuve, soutenue de surcroit par Evidence et Big K.R.I.T, excusez du peu! Plus loin, c’est Pharoahe Monch qui fait feu sur « We Go Off » grâce à son flow emblématique et son aura prestigieuse.

Malheureusement, ces jolis moments qui rendent le disque si plaisant ne trouvent guère d’échos dans son autre versant, trop influencé par les envolées en voix claire de Phonte, et noyé dans de perturbants chœurs R’n’B comme sur l’anecdotique « Sendin My Love », ou « Ball And Chain » qui passerait presque comme une face B de Kanye West, vocodeur en moins. La piètre ballade « To Be Yours » et les effets moisis de « Gonna Be A Beautiful Night » donnent des envies de meurtres et de buchers, enterrant nos derniers espoirs pour un disque, qui jusque-là, se défendait honorablement.

Vous l’aurez compris, ce premier essai démarre avec brio, mais s’empêtre a mi-parcours dans des torrents de miel et de sucre, jusqu’à l’écœurement. Malgré la tentative louable de Phonte de révéler plusieurs aspects de sa personnalité et de surprendre l’auditeur, le disque dresse un constat aux allures de gâchis. Un gâchis qui ne peut qu’inciter le MC de Greensboro à se relever et à rebondir, une fois débarrassé à jamais de ce cocon mielleux.

En écoute

« Not Here Anymore »

Disponible sur
itunes38

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