Pfarmers – ‘Gunnera’

Album / Jurassic Pop / 12.05.2015
Pop et barbecue à la pferme

Absent des bacs depuis trois ans, Menomena manque. Le départ de Brent Knopf avait aussi fait du mal, perceptible sur ‘Moms‘, cinquième et dernier album moins audacieux et puissant que ses prédécesseurs. Depuis, le duo de Portland s’est attelé à d’autres projets, et si nul ne sait si un retour est d’actualité, son fondateur Danny Seim a retrouvé d’autres acolytes de jeu, tels que le batteur de The National, Bryan Devendorf, ou le tromboniste Dave Nelson. Et surprise, sous l’étiquette Pfarmers, le trio prolonge avec brio l’heureux travail mélodique des travaux de Danny Seim au côté de Justin Harris.

Certes, moins grandiloquent, Pfarmers élabore un album soyeux, introduit en toute quiétude par une émanation vaporeuse longue de sept minutes. Seule pièce instrumentale de ce ‘Gunnera’, ‘Benthos’ nous amène par la suite vers une collection de titres brillants, savamment orchestrés, et produits en toute simplicité. À ce titre, cet album n’est pas sans rappeler le beau travail de Damon Albarn avec The Good, The Bad & The Queen. Là encore, médiatiquement, le qualificatif de supergroupe ne manquera pas d’être évoqué quand, au contraire, l’intention est à l’ascèse.

Et si Pfarmers élabore une pop luxueuse, la formation ne tombe pas dans une écriture classique, s’offrant nombre de ruptures (‘El Dorado’) et d’expérimentations. Aussi, Bryan Devendorf se plait à alterner batterie et programmation, avec le même bonheur.

Au final, le trio n’atteint pas des sommets émotionnels comme ses membres ont pu en tisser au sein de leurs formations respectives, mais ‘Gunnera’ se montre une belle réussite, dans un registre exalté, parfois béat, et sans aucune prétention.

‘Benthos’, ‘You Shall Know The Spirit’, ‘El Dorado’

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