Pet Genius – « s/t 98 »

s/t[Album]
23/10/2007
(Hydra Head/Pias)

Il faudrait certainement qu’on lui coupe les deux bras pour que Stephen Brodsky cesse toute activité musicale. Connu majoritairement pour être le frontman de Cave In, mais aussi membre de nombreux autres groupes et side projects, le voici qui réapparaît avec Pet Genius, trio qu’il forme avec les ex batteur de Cave In (JR) et bassiste de The Octave Museum (Johnny Northup), son dernier projet en date avec qui il a sorti un album il y a moins d’un an. Il est comme ça, on ne le refera pas, car il ne peut pas vivre sans. Mais, à la différence de nombreux musiciens dans son cas, Brodsky a ce savoir faire qui l’empêche de continuellement tomber dans la redite. Bien sûr, c’est ici de rock qu’il s’agit, mais celui qu’on avait encore rarement entendu aussi pop de sa part. Un rock qui pioche pourtant aussi dans le prog (« Cosmic Erosion » proche des derniers Cave In), le heavy, le sludge, et le stoner, là ou les guitares s’en donnent à coeur joie, baignées dans des arrangements complexes contribuant incontestablement au charme de cet album. Si Brodsky fait encore du bruit, il dégage ici une énergie toute mesurée quand quelques élans digne de la pop des sixties (« The Visiting Dynamiter » rappelant les Beatles et certainement l’un des meilleurs titres de cet opus) viennent contrebalancer quelques brûlots de classic rock ou de hard rock seventies, exécutés les potards dans le rouge. Ainsi, quand les lampes des amplis hurlent leur surchauffe, Pet Genius se rapproche dangereusement de Queens Of The Stone Age, notamment par ce son de guitare grassouillet et cette caisse claire feutrée (« Walls Of Etiquette », « Float My Boat »). Mais quelle que soit l’ambiance dictée par Brodsky, allant parfois jusqu’à l’acoustique tel un beach boys noyé dans la noise, ses mélodies vocales font mouche tout au long de ce disque qu’il survole d’une classe largement démontrée par le passé (encore ici sur le riche « Man Of The Mountain » et l’excellent « Scrapyard King »). Au final, Pet Genius s’affiche comme une suite logique de son passé, souligne encore un peu plus son amour caché pour la pop que, l’âge aidant, il ne parvient plus à cacher, même sous un épais nuage noir. De quoi nous faire espérer que Brodsky squatte le plus longtemps possible son studio d’enregistrement..

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