Pedro The Lion – ‘Phoenix’

Pedro The Lion – ‘Phoenix’

Album / Polyvinyl / 18.01.2019
Indie pop rock


Phoenix marque le retour de Pedro The Lion après quinze ans de silence. Une reformation que l’on sentait venir depuis quelques temps, notamment depuis que David Bazan et TW Walsh se sont retrouvés chez Lo Tom (2017), un projet où les deux compères semblaient avoir repris leurs marques au travers de quelques titres prometteurs. L’espoir grandissait alors de revoir le groupe au complet, à l’endroit même – entre 1998 et 2002 – où, avec sa pop lente et profonde, il remuait les tripes.

C’est finalement accompagné de nouveaux dompteurs que Bazan a composé ce nouvel album, et ainsi rouvert la cage aux lions, laissant sans réponse les nombreuses interrogations quant aux multiples motifs des reformations survenues ces dernières années. Quoi qu’il en soit, le couperet tombe dès le début du disque. Malgré une technicité d’exécution de haute volée, un chant toujours aussi beau et des textes bien écrits, le classicisme de Yellow Bike fait manquer à l’appel la profondeur de champ qui faisait de Pedro The Lion un groupe à part. Une pop certes bien faite mais quelque peu figée dans le temps, que l’on retrouve également plus tard sur Clean Up, Black Canyon et My Phoenix.

Fort heureusement, entre ces quelques désillusions (loin d’être catastrophiques), espoir et bonheur renaissent dès les retrouvailles avec les résonances intactes du combo (Powerfull Taboo, Model Homes, Piano Bench, Circle K, Quietest Friend), réveillant coup sur coup l’époque magnifique où The Only Reason I Feel Secure (1999), Winners Never Quit (2000) et Control (2002) tournaient en boucle. Et au milieu de ce mélange des genres, Tracing The Grid, All Seeing Eye et Leaving The Valley présentent une nouvelle facette inédite qui pourrait laisser entrevoir un nouveau visage à ce lion relifté.

L’aura artistique de David Bazan est si impressionnant et tellement reconnaissable qu’il lui est depuis longtemps devenu impossible de se cacher derrière d’autres masques. Le plus étonnant reste que le bonhomme l’admet lui-même, pour preuve cette déclaration lors de son récent passage chez Tiny Desk : ‘J’ai fait de la musique sous plusieurs noms. C’était une idée idiote‘. Mais, malgré ces identités brouillées, le disque nous donne à entendre du Bazan authentique, s’inscrivant dans la continuité de sa gigantesque œuvre, et toujours capable de nous saisir à chaque instant. Alors, honnête come back d’un groupe majeur en rééducation, ou nouvel album solo ? Peu importe, et tant pis si Phoenix n’arrive qu’à moitié à faire renaître Pedro The Lion de ses cendres.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Powerfull Taboo, Model Homes, Piano Bench, Circle K, All Seeing Eye


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