Pavo Pavo – ‘Mystery Hour’

Pavo Pavo – ‘Mystery Hour’

Album / Bella Union / 25.01.2019
Indie art pop


Le label anglais Bella Union a pris l’habitude de proposer trois à quatre singles d’avant-goût pour chacune des sorties de son catalogue. Les amateurs de Pavo Pavo, qui étaient tombés sous le charme de leur premier album Young Narrator In The Breakers, ont ainsi pu découvrir ces derniers mois, au gré des titres distillés en avant première par le label, un changement d’atmosphère, l’annonce d’un climat différent, plus intimiste.

À la base de Pavo Pavo, il y a un couple, Eliza Bagg et Oliver Hill. Un couple qui s’est séparé entre la sortie du premier album et l’écriture du nouveau venu, Mystery Hour.  Une séparation magnifiée en ceci qu’elle constitue ici un nouveau départ, et non un point d’arrêt pour le groupe de Brooklyn.

Écrire un album de rupture sous la forme d’une collaboration artistique avec son ex-partenaire : la démarche en soi est suffisant singulière pour être soulignée. En dehors des qualités d’écriture et d’arrangements pléthoriques de l’album, c’est aussi cette singularité de situation qui donne à Mystery Hour sa force poétique et esthétique. La richesse des arrangements, les états d’âmes variables, liés à un questionnement du couple sur leur nouvelle place respective sont ici exploités pour faire de Mystery Hour un album épopée, dont chaque piste serait un épisode nouveau, teinté d’une atmosphère différente, oscillant entre le détachement, l’enthousiasme, et une mélancolie presque glaçante.

La musique de Pavo Pavo est référencée, pour ne pas dire savante : le couple s’est rencontré à Yale ou ils appartenaient au même quatuor à cordes. Ainsi, la couverture du disque, qui figure le duo se faisant face, à distance, sur une plage, pourrait être tirée d’un film d’Antonioni, et le groupe cite autant Ingmar Bergman que David Hockney comme influences.

La profusion de tessitures et de timbres (clarinettes, claviers, cordes, voix pitchée) est savamment arrangée, tout en conservant la tonalité et la finalité résolument pop des intentions musicales du couple, soulignée par les stimulantes et entêtantes lignes de basse. On pense tour à tour à Robert Wyatt sur The Other Half, aux sixties des Beach Boys à l’écoute du son de guitare de Close To Your Ego, et même furtivement à Metronomy (Les sons de claviers et de basse sur Check The Weather).

Mais le climax de cette épopée ayant la séparation pour fil rouge se situe naturellement à la toute fin de Mystery Hour, avec son magnifique morceau de clôture, Goldenrod. Un titre sur lequel Eliza Bagg et Oliver Hill chantent à l’unisson avec des voix triturées à l’autotune, pitchées et méconnaissables, offrant à l’un et à l’autre, ainsi qu’à l’auditeur, une altérité transformée et résolument nouvelle.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Mon Cheri, Check The Weather, Goldenrod


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