Passion Pit – « Gossamer »

pp180Album
(Columbia)
23/07/2012
Synth pop

Beaucoup avaient fait tout un foin de « Manners« , le premier album de Passion Pit sorti en 2009. Trop tranquillement installé sur les rails d’un succès bien tracé par MGMT, et manifestement encore beaucoup trop vert, le combo de Michael Angelakos avait alors eu toutes les peines du monde pour justifier le buzz qui l’entourait. Parvenant néanmoins à marquer quelques esprits, le groupe de Boston n’avait pas manqué de faire débat. Pourtant, alors que sonne l’heure fatidique de la confirmation et que les détracteurs ne l’attendaient de toute façon pas, les plus confiants cachent l’assurance affichée jadis. Et pour cause: la tendance n’est plus forcément à la synth-pop, et le frontman n’en finit plus de se dépatouiller avec les troubles bipolaires dont il souffre depuis des lustres, une maladie qui semble s’installer plus durablement encore depuis que Passion Pit doit faire avec une certaine médiatisation.

Moins accessible car plus ambitieux et personnel que son prédécesseur, « Gossamer » ne tient pourtant pas toutes ses promesses. Loin de là. Disons même qu’il fera camper chacun sur ses positions, partagera l’opinion autant qu’il multiplie les antagonismes. Parce que derrière cette pochette rose illustrant toute la légèreté des saisons ensoleillées se cachent autant de mélodies efficaces bien souvent ramenées à la réalité par de sombres reflets. Ainsi, l’ouverture « Take a Walk » s’offre naturellement un statut de tube en puissance tout en abordant un sujet aussi lourd que la politique d’immigration, avant que « I’ll Be Allright » se montre aussi efficace et que Angelakos y livre un de ses textes les plus personnels.

Jusque là tout allait bien. C’était sans compter sur l’intervention de plusieurs titres dont on comprendrait aisément qu’ils soient rédhibitoires pour beaucoup d’oreilles venues à leur rencontre. Difficile en effet de ne pas rester bouche bée devant le peu d’exigence incarnée par les hymnes adolescents (« Carried Away ») et les mièvreries pop RnB (« Constant Conversation ») qui jonchent « Gossamer », autant de morceaux si formatés qu’ils en deviendraient presque vulgaires. Alors, pour rattraper le coup, Passion Pit se voit dans l’obligation de redoubler d’effort, tente le tout pour le tout avec « Mirrored Sea », « Cry Like a Ghost » ou « Love Is Greed » qui parviennent à susciter un peu d’intérêt uniquement grâce à la médiocrité de leurs prédécesseurs. Ajoutez à cela quelques arrangements de mauvais goût qui réussissent à ternir le moindre bon argument (« Hideaway » et son refrain totalement radiophonique), et « Gossamer » reflètent plus que jamais le gâchis d’un potentiel qui, par contre, ne fait pas de doute. Malheureusement, il est peut être déjà trop tard.

itunes18

En écoute intégrale

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