Passe Montagne – « Oh My Satan »

passe180Album
(Ruminance)
06/04/2009

Vous n’avez jamais entendu parler de Passe Montagne? Ce ne serait pas étonnant. Vous ne les avez jamais vus en concert? Rien de plus normal puisque ce groupe n’existe que par le biais d’enregistrements lâchés de temps à autres quand ses musiciens, notamment  Julien Fernandez (batteur chez Chevreuil), prennent le temps de s’échapper de leurs obligations parallèles. Vous gerbez vos derniers repas sur les chanteurs de rock? Bienvenu, Passe Montagne est un trio instrumental. Vous aimez le bruit? Vous serez servi. Car «Oh My Satan», deuxième album de ce groupe qui n’en est pas vraiment un, ne dure qu’une vingtaine de minutes pendant lesquelles les riffs bruitistes et/ou seventies pleuvent, les rythmiques forcent le respect par leur force comme par leurs incessants changements de tempo. Beaucoup trop indigeste pour certains malgré une durée totale en conséquence, il ravira en revanche les aficionados de performances musicales uniques, d’un rock déglingué, marchant sur le fil de l’improvisation, s’abreuvant d’imprévisibles pulsions électriques. Ici, tout s’entremêle puis s’éclaircit de justesse, avant qu’on tombe dans une cacophonie qui mènerait à une totale incompréhension, à l’abandon définitif. En cela, l’équation captive mais est impossible à résoudre, et on écoute ce disque comme un prof de math redoublant d’efforts pour tenter de se faire comprendre. En vain. Reste que Passe Montagne possède le genre de son qui le rapproche illico des grands pontes de la noise, celui qui trahit magnifiquement ses berceuses d’antan, et donne finalement l’impression d’avoir affaire à quelque chose d’exceptionnel sans qu’on puisse vraiment en avoir conscience. «Oh My Satan» est un disque de rock compressé au maximum, un disque excessif à tous les niveaux qui s’amuse diaboliquement à éreinter l’auditeur masochiste. Du coup, Passe Montagne a accompli sa mission, même s’il doit être écouté avec modération.

En écoute:

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire