Para One – « Passion »

para180Album
(Marble)
18/06/2012
Electro

Si l’on en croit sa timidité apparente, les escapades en solo ne sont pas trop le dada de Para One. Le parisien a plutôt l’habitude d’être bien entouré, son bâton de chef d’orchestre à la main, parachevant alors des productions pour des groupes de plus en plus demandeurs. Mais il lui arrive aussi d’être égoïste. Salué par la critique en 2006, son premier album « Epiphanie » renforçait sa réputation de dompteur de machines à la signature singulière, aussi puissante et confuse que spontanée et perfectionniste. Toujours actif, Jean Baptiste de Laubier arrête une nouvelle fois de servir les autres pour se consacrer à son art en complète autonomie, seulement brisée en quelques instants par les voix de Teki Latex, Irfane ou Jaw, sur « Passion », un nouvel opus forcément attendu.

Entre ses DJs sets éclectiques, ses voyages aux quatre coins de la planète, ses instrus léchées pour Birdy Nam Nam, TTC ou Micky Green, Para One apprend beaucoup de ses grands écarts et retranscrit efficacement ses expériences à travers douze combinaisons numérico-analogiques, loin du hip-hop de ses débuts. « Passion » se traduit ainsi essentiellement par des hybrides soul et électro, le single « Lean on Me » en tête, qui annonçait déjà en mai dernier un virage discrètement hédoniste, une sensualité qu’on croirait contagieuse tant les producteurs français de ces deux dernières années semblent à deux doigts de mettre un carré blanc sur la pochette de leurs disques. Cette libido musicale alliée à la précision du beat sont les points forts d’un album constant aux multiples coups d’éclat: « Wake me Up » et sa bass music d’un nouveau genre, la house irrésistible toute en cuts de « You » dans la tradition de Todd Edwards, « Vibrations » et « Love Ave » à la nu-funk bien sentie, imprégnée des caractères de Jimmy Edgar ou Onra.

Même si Para One se loupe en titillant la frontière mainstream du R’n B avec le quasi indigeste « Every Little Thing », il se permet quelques exercices de style bien sentis, à l’image de « When The Night », joli mélange de soul authentique et de modernité exagérée, de l’électro nineties « Sigmund », d’une intro cinématographique (« Ice Cold ») et d’une conclusion hip-hop synthétique (« Empire »). S’il trimballe une forte personnalité de producteur depuis qu’il a quinze ans, l’ex TTC excelle dans sa facette solo qu’il s’est inventé sur le tard. Moins rugueux que son prédécesseur, ce « Passion » – incontestablement frais – est aussi le symbole d’un rebondissement dans la vie de cet artiste essentiel, qui a créé le label Marble sur la tombe d’Institubes. Un relai logique qui mérite toute notre attention.

itunes42

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