Para One – « Epiphanie »

Epiphanie[Album]
06/06/2006
(Institubes/Naive)

Ayant grandi dans un contexte familial voué à la musique, Para One ne pouvait passer à côté. Il faudra pourtant attendre sa productive collaboration avec les parisiens de TTC pour que ce savoyard d’origine s’affiche comme un des producteurs français les plus doués de sa génération. Lui, dont les influences hip hop et electro façon Daft Punk l’intègrent avec aisance dans cette petite famille de manipulateurs de machines, qu’on qualifie aujourd’hui de nouvelle french touch. C’est surtout grâce au « Bâtards Sensibles » du trio parisien de Big Dada, dont il pond la majorité des prods, que la reconnaissance de son travail devient évidente. Entre temps, quelques maxis également intéressants. Et, depuis que se murmurait la sortie d’un véritable album, le petit monde de l’electro français était pris de réguliers tremblements. « Epiphanie » sort donc en ce début de mois de juin, armé de sa petite quinzaine de titres sombres et malgré tout efficaces

Pourtant, Para One déconcerte à la première écoute. Ceux s’étant arrêtés sur le sublime maxi « Turtle Trouble », présent sur cet album mais du coup un poil vieillissant, trouveront peut-être l’entame de ce « Epiphanie » légèrement conventionnelle. Je n’ai pas dit banal pour autant. Clairement, « Piste Bleue » nous plonge dans l’ambiance club, « Midnight Swim » aussi, « Les Soleils Artificiels » nous téléporte à grande vitesse vers Ibiza. Bien plus qu’on le pensait, nous dont le coeur penche plutôt ici vers les titres plus hachés et un tantinet expérimentaux: « Fudge », par exemple, pour son travail de mélodie sur ce chant retravaillé; « Musclor » avec, en featuring, un TTC au flow ralenti et, il faut le dire, très convaincant; le finalement tout aussi hip hop « Sages-Femmes » et sa basse vrombissante, ou « Nobody Care » rappelant un certain Doctor L en version plus abstract. Mais, entre les loupés « Ski Lesson Blues », « Liege » et « Bobble », s’immiscent quelques tubes taillés pour le dancefloor (« Clubhopn », « Dudun-Dun », « Turtle Trouble »), et balancés avec une insolente facilité, commune à Justice et la clique EdBanger

Une ration diminuée de vraies nouveautés, c’est un peu ce qu’on reprochera aussi à ce « Epiphanie ». Certes, Para One se montre à la hauteur du buzz qui l’aura précédé mais cet album ne propose, en effet, pas grand-chose de neuf et efficace. Sortis des Eps, récents ou non, ayant servi de mise en bouche, peu sont les nouveaux titres à totalement nous emballer. En gros, on aurait voulu que du neuf, et que Para One nous fasse nous jeter contre les murs plutôt que de simplement nous faire danser. Interprétez cela comme vous voulez… Mais tout cela ne remet pas en cause une réputation bien faite et justifiée.

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