Papaye – « Tennis »

papaye180Album
(Kythibong)
24/04/2013
Math rock souriant

En deux ans, Papaye a bien changé: coiffé et rasé de près, le trio court désormais les mini jupes plutôt que les mini shorts, renifle les cougars des tennis club huppés de la banlieue nantaise, s’est même lancé dans l’élevage de chiens au cas où rien ne morde. Il n’y a donc plus que sa musique qui marque chez lui une certaine constance, et c’est bien là le principal. Découvert en 2011 avec « La Chaleur » sur lequel on l’entendait décliner avec brio un savoir faire et une technique taillés à l’expérience, le groupe réédite aujourd’hui avec « Tennis », un nouvel album rendu quelque peu prévisible par son prédécesseur et son registre math rock particulièrement marqué, mais qui n’est pas sans dévoiler deux atouts fondamentaux: une cohésion définitivement plus forte que par le passé entre le batteur de Pneu et les guitaristes de Room 204 et Kommandant Cobra, ainsi qu’un zest nécessaire de nouveauté pour éviter la redite. Désormais plus véritable groupe que somme d’individualités, Papaye se libère, évite toujours aussi habilement les pièges démonstratifs grâce à des breaks plus simples et directs (« Peut Etre Si », « Moquette Miroir », « Europapaye »), gagne en efficacité à la seule force d’un riff (« Totally Indeed », « Sparrows & Pigeons »), ose le chant et le fait bien (« Grapes »), et conserve son agréable second degré qui n’est pas sans l’amener à nous prendre à contre pied, nous faire sourire au détour de quelques morceaux (l’aboiement de clébard sur « Super, Marcher! », le riff à boire de « Je Suis Caché Sous Ton Pull »), comme à la lecture de quelques-uns de leurs titres. Avec treize titres avalés en vingt cinq minutes, le partie est brève et sans appel: Papaye passe haut la main le deuxième tour.

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